AKG K181DJ
Intro :
Comme promis, voici le test de ce K181DJ. Avant toute chose, j’aimerais souligner qu’il est assez compliqué de récupérer des infos sur l’objet à droite ou à gauche sur le net. Il semble ne pas avoir réellement trouvé son public. J’ai d’ailleurs bien galéré pour choisir le remplaçant de mes E2C.
Même si ces derniers sont de supers écouteurs, il se trouve qu’un an après leur achat, les embouts glissent le long du conduit et restent dans mes oreilles lorsque je veux les retirer. Autre point négatif, quand quelqu’un vous parle, vous êtes presque obligé d’en retirer un pour comprendre ce qu’on vous dit (mais c’est la caractéristique de tous les intras).
Voilà pourquoi j’ai décidé d’opter pour un casque qui isole assez bien, avec un son (plus que) correct et la possibilité de le porter autour du cou.
Contenu du package :

- 1 casque K181DJ possédant les caractéristiques suivantes :
• Dynamique, fermé, supra-aural
• Impedence : 42 ohms
• Sensibilité : 120db
• Plage de fréquences : 5-30.000 Hz
• Puissance max d’entrée 3500W
• Connecteur Mini-XLR
• Switch bassboost
• Switch Mono/stereo
• Poids : 280g
- 1 sac de transport
- Un adaptateur 3.5/6.3mm
- Un câble de 1.8m
Alors, première impression de solidité et il est lourd ! Le câble fait une longueur potable pour une utilisation avec baladeur ce qui est appréciable (notons le petit "Made In Austria"). Par contre, la boîte est en fait en plastique tout bête comme un vulgaire Philips que l’on trouve à la Fnac… Pas très sérieux comme emballage pour un produit de cette gamme !

Procédure de test :
Ce casque sera testé selon deux critères : écoute nomade et écoute à domicile. Même si certains points (pas mal même) seront communs aux deux utilisations, la grande différence sera la source utilisée.
Matériel :
Baladeurs : iPod 5G, PSP
Appareils de salon : PC équipé d’une Audigy 4 pro
Ecouteurs de référence : Shure E2C
I. Ergonomie/confort
Comme vous le voyez sur les photos, la conception est très particulière puisque les oreillettes sont assez grosses pour que l’on croie avoir affaire à des circum : que nenni ! Ce sont bien des supras (les trous dans les coussinets sont trop petits pour faire rentrer des oreilles). Alors, pourquoi ce choix ? Je pense que la réponse tient en grande partie de l’isolation fournie par ce casque : presqu’aussi bonne que mes E2C ce qui est vraiment une bonne performance !

Malheureusement, cela a aussi un prix et là, c’est le confort qui souffre (ou plutôt qui fait souffrir). En effet, au bout de 30 minutes, vous allez bien sentir l’écrasement sur vos oreilles. C’est vraiment dommage car ça enlève vraiment beaucoup de plaisir à l’écoute.
Pour ce qui est du transport, autour du cou ça marche encore bien. Alors, certes, les oreillettes sont grosses mais après une semaine je ne fais plus attention que je le porte (je l’enlève la nuit quand même je vous rassure). AKG a aussi eu la bonne idée de fournir un petit sac qui, même si il ne protège pas des chocs, permet de ranger ce K181. Notons le fait qu’il est assez gros même une fois plié.

Alors, par rapport à des intras pour une utilisation nomade, là c’est à chacun de voir. Je pense qu’un commercial ou bureaucrate en costume qui veut écouter de la musique dans le tram choisira des intras (d’autant plus que le design du casque testé est vraiment spécial et ne plaira pas à tout le monde) qui seront plus simples à ranger.
II. Spécificités
Ce casque possède quelques caractéristiques propres qui peuvent (ou pas) intéresser certaines personnes. La première est la présence d’un câble mini XLR détachable. Cette option est très pratique puisque, par exemple, on peut garder son casque autour du cou sans avoir ce maudit câble qui pend (sympa en cours quand on gratte comme un malade et que le fil embarque la feuille ou fait tomber le blanco). Pour ma part, j’ai changé le câble d’origine pour un câble plus long mais à spirales pour mon utilisation à domicile, le câble d’origine étant assez court pour sortir.


Le second élément est le switch mono/stereo qui… ne sert pas à grand-chose pour écouter de la musique. J’ai pu l’utiliser lors de l’écoute de la version mono de l’album du Velvet Underground avec Nico et effectivement ça fait bien « vintage ». Utilisation très limitée si vous n’êtes pas DJ.
Le dernier point est la présence d’un autre switch sur chaque oreillette qui permet de passer de « small club » à « large club » . Ceci est en fait un bassboost qui m’a semblé assez intéressant mais très limité pour beaucoup de personnes. Effectivement, le boost donne en fait une impression de concert avec des basses très fortes et surtout étendues. Je n’ai pas trouvé ça forcément désagréable (le son reste précis tout de même) mais cela pourrait en rebuter certains, et c’est compréhensible.

Tous ces petits points sont, à mon sens, anecdotiques mais peuvent intéresser certains utilisateurs. Mon conseil serait vraiment de tester le rendu si vous comptez vraiment dessus même si je n’ai pas rencontré d’aberration sonore lorsqu’elles sont activées.
III. Qualité audio
Attaquons le vif du sujet et tentons de répondre à cette question : que vaut ce casque auditivement parlant? Au départ, je comptais le prendre pour le brancher sur mon iPod 5G : j’ai été vite déçu ! Le son n’est vraiment pas bon et l’on peut entendre une saturation à l’écoute. Tout est agressif et plutôt métallique ce qui a rendu l’expérience non satisfaisante. A noter que les autres personnes à qui j’ai fait essayer le casque n’ont pas noté de désagrément majeur. Je pense exagérer aussi un peu mais bon, mes Shure s’en sortaient beaucoup mieux.
J’ai donc pensé renvoyer le casque devant ces performances qui étaient des plus étonnantes. Toutefois, même si le côté criard était prononcé il est vrai que j’avais remarqué des détails imperceptibles avec les E2C. Un nouvel essai s’imposait…
J’ai donc pris ma PSP Slim et ai branché l’AKG récalcitrant dessus : un pur bonheur ! Je n’avais jamais réussi à entendre ça même avec mon K240S branché sur mon Audigy 4 Pro. Toutefois, il faut que j’émette une réserve : le son est assez (beaucoup ?) porté sur les basses. De fort belles basses ma fois mais qui pourraient montrer un caractère indésirable sur certains styles musicaux ou plutôt certaines préférences de sonorités.
Une particularité de ce casque est de mettre très en évidence le bas du spectre, des choses que l’on entend généralement qu’en fond. Ces sons là sont placés un petit peu au dessus et derrière votre tête. Ce n’est pas évident à décrire mais le résultat est assez bluffant d’immersion. Les voix ne sont pas non plus étouffées mais ont un côté très chaleureux et légèrement en retrait par rapport au reste (un peu plat disons) mais cela dépend grandement de l’enregistrement original.
Pour être clair, sur de l’électronique ou du Rap/R’n’B c’est le nirvana. Sur du Rock jusqu’au hardcore c’est excellent. Pour du lyrique c’est grandiose à condition que l’enregistrement soit bon. Sur de la pop, c’est très bien.
Pour se faire une bonne idée, voici quelques titres choisis pour diverses raisons et sur lesquels j’ai pu essayer ce K181DJ :
1. Alanis Morissette Not The Doctor Acoustic (Morceau choisi pour la disposition des instruments et les sonorités qui s’entrecroisent. La retranscription de la voix est aussi primordiale.) : Des basses au centre, les guitares se répondent à droite et à gauche, la voix de la chanteuse bien au centre. Le tout est très chaud, très détaillé magnifique. Seul bémol, la voix pourrait être un poil plus en avant… je chipote ? Oui, je pense un peu !
2. This is halloween (Marilyn Manson) (Plein de petits sons et d’effets vocaux intéressants et très subtils, plus que dans la version originale de Elfman): On arrive à discerner tous les effets de manière efficace ce qui est une vraie surprise pour moi (192kbps). Avec du 320 c’est encore meilleur et on a la spatialisation en plus. Tous les petits bruits sont là, les voix sont discernables. Une prestation magnifique alors que je n’attendais pas forcément le casque sur ce terrain. D’autant plus que la version originale est elle aussi (quasi) parfaite.
3. Garbage - Hammering In My Head (Beaucoup de sonorités qui s’entrecroisent là aussi, pas mal de petits effets difficiles à discerner. Beaucoup de sons différents, de directions différentes et des enchaînements rapides) : un peu d’électro/rock à présent. Et l’on peut dire que le K181 excelle : basses profondes, tout est perceptible au millimètre. La voix n’est pas trop en retrait et parfaitement audible, profonde et les bruits de respiration vraiment convaincants (légers râclements de gorge, pas de hâchage). Du tout bon !
4. Muse - Citizen Erased (Ce morceau est choisi pour la spatialisation et l’utilisation des effets stéréo) : La musique est très propre encore une fois mais la voix est un peu en retrait (surtout les chœurs que j’attendais particulièrement). Toutefois, je n’avais pas un aussi bon résultat avec mes E2C. Un point très bien rendu est le va et vient autour de la tête du sifflement à la sixième minute environ (ah je l’attendais celui-là !). Pas parfait mais très bon.
5. Against Me ! – Wagon Wheel (Pour tester exactement si distorsion il y a dans la voix et les changements de tonalité) : Bon, ok, c’est Bob Dylan qui est à l’origine de cette chanson. Toutefois l’enregistrement est relativement récent et la voix est très mise en avant : une aubaine pour ce type de test. Aucune distorsion, transitions parfaite, la guitare est également très nette (on a l’impression de voir quelles cordes sont touchées). Ca manque un petit peu de douceur et de transparence, je l’avoue, tout le monde n’aimera pas. La précision n’en est pas moins présente.
Globalement, c’est du tout bon mis à part le fait que les voix soient un petit peu trop en retrait sur certaines chansons. Je n’ai pas noté les résultats sur de l’électronique pure ou du Rap mais les résultats étaient vraiment excellents.
Il y a quelque chose que j’ai pu remarquer un peu partout : la précision des cymbales. Je n’avais jamais entendu autant de définition lors de la vibration de la cymbale… Honnêtement, je pense que c’est un signe de bonne performance lorsqu’on voit la tête que ça a comme son sur un logiciel comme LogicPro.
Une autre chose très importante est qu’on entend bien la naissance de chaque son (surtout sur This Is Halloween ou Hammering In My Head). La progression est très fluide et le son apparaît petit à petit avec beaucoup de précision, beaucoup de nuances.
Conclusion :
Je vais être franc, il met une vraie claque à mes E2C que j’ai voulu remettre mais qui m’ont paru tellement vides et si peu détaillés. Peut-être à cause de l’accent mis sur les basses ? Je ne pense pas car il manque vraiment beaucoup de choses et de sons avec mes intras. Je n’aurais jamais cru cela possible tant mes écouteurs me convenaient.
Ensuite, en ce qui concerne une écoute sur PC, tout est pareil que sur PSP mais en encore mieux (source oblige). Par rapport au K240S, il y a moins de différence qu’avec les E2C et le choix se fera en fonction des préférences. Toutefois, le K240 s’en tire peut-être un peu mieux sur du purement vocal grâce à sa plus grande douceur. Le plaisir d’écoute n’est pas le même et les sonorités sont vraiment différentes. Ceci dit, j’ai l’impression qu’il manque un petit peu de définition face au 181 mais ce doute vient peut-être du fait que le bas du spectre est plus fort chez ce dernier.
Pour conclure, pour moi un excellent casque. Mais, parce qu’il y a un mais, il ne faut pas oublier ses défauts pour une utilisation nomade. Si ceux-ci défauts ne vous gênent pas, vous pouvez envisager ce casque (à éviter avec un iPod tout de même si vous avez l’oreille sensible).
Mon dernier conseil serait de l’essayer un petit moment avant de vous faire un avis tranché. Sa sonorité peut ne pas plaire à tout le monde et pourrait sembler trop « basseuse » à certains : moi-même je n’aime pas les basses d’habitude et j’ai été conquis mais, qui sait, peut-être qu’il ne vous conviendra pas. Pour ma part, il m’a fait oublier mes E2C pour mon utilisation de tous les jours.
Plusieurs notes donc pour ce K181DJ :
(En ce qui concerne une écoute à domicile en prenant en compte les basses pouvant être trop prononcées et le confort)
(Pour une utilisation nomade)Les plus :
+ Détail des sonorités
+ Utilisable sur un lecteur portable
+ Petits « gadgets » qui peuvent être utiles à certains
+ Câble interchangeable
+ Isolation importante
Les moins :
- Confort
- Peut-être trop de basses pour certains
- Voix parfois un peu en retrait (chipotage)
- Pas top sur un iPod (à cause de l’iPod vous avez dit ?
- Prix (135€-210€)
Encore une fois, si le confort vous importe peu, essayez le bien et vous serez (à mon avis) conquis
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