CITATION(Vel-Ryphon @ 07/11/07 - 20:22) [snapback]504200[/snapback]
En tout cas, je vois mal un programmeur, une personne qui aime la logique, l'algorithmique, les protocoles etc, tester se qu'il fait à son humeur.
Disons qu'un développeur de codecs audio connait parfaitement les processus mathématiques à l'œuvre dans une opération de codage et il sait donc pourquoi il est au mieux vain et de manière plus générale trompeur de vouloir évaluer un encodeur sur la base d'une capture d'écran

Sois logique à ton tour : ne penses-tu pas qu'un développeur, passionné de logique et pro en algorithmique soit suffisemment compétent pour ouvrir un fichier sur Audacity ou CoolEdit et cliquer sur "show spectral analysis" ? Pourquoi dans ces conditions là ces personnes publieraient-elles des encodeurs dont la représentation graphique est moins flatteuse que la version précédente ?
L'« humeur » n'a rien à voir ici : il s'agit de perception, dont le caractère subjectif peut-être éludé par le protocole décrit plus haut (scénario pluri-testeurs).
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C'est comme de dire que parceque l'on préfère la fraise à la banane, la fraise c'est mieux....
Et pourtant c'est ainsi. Et pas seulement en audio mais aussi dans des domaines dont l'enjeu se chiffrent en centaines de millions d'euros. Par exemple, la bouffe.
Prenons deux groupes agro-alimentaires en concurrence, qui cherchent tous deux à améliorer la saveur de leurs produits et ainsi gagner des parts de marché. Pour déterminer ce qui est bon, mauvais et toutes les nuances intermédiaires, nos deux PDG ont le choix entre deux méthodes : la méthode « subjective » et la méthode « objective ».
ENTREPRISE A: notre PDG « A » est un malin. Un finaud à qui on la fait pas. Il s'y connait un peu en philo et en science, et, technophile avéré, il sait pertinemment que les tests subjectifs, on peut leur faire dire n'importe quoi et que la santé de son entreprise ne va pas être compromise par l'humeur changeante de ses testeurs, qui d'ailleurs sont pas toujours d'accord entre eux. Il décide donc de faire appel à la haute technologie logicielle : une jolie modélisation informatique des saveurs qui permet grace à un olfactoscanner branché en USB sur photoshop de savoir exactement quel parfum est le meilleur. Là, le résultat est objectif et ne change pas au gré de la météo. Au grand étonnement des experts mais pas du PDG de génie, c'est le yaourth parfumé au vinaigre avec morceaux d'ail qui obtient les meilleurs scores, loin devant ceux parfumés à la banane et à la fraise. Bilan : la boîte coule (à la grande surprise du PDG mais plus de celle des experts).
Entreprise B: le PDG (qu'on sait déjà victorieux) est plus pragmatique. Il est l'homme de la sentence immortelle : « nous utiliserons l'informatique pour tester la qualité de nos produits le jour où nous vendront nos yaourth aux PC ». Le secret de la réussite de cet homme vient de ce qu'il a su comprendre l'importance d'un protocole de test valide. « Il ne faut pas dénigrer le subjectif dans nos tests puisque c'est précisement au subjectif que l'on s'adresse » disait encore notre homme, dévoilant ici les clés de sa réussite. En effet, des hommes préfèrent le yaourth aux olives à celui à la papaye, mais plutôt que de conclure de manière désabusé que tout est relatif cherchons à savoir quel est l'avis de la majorité. Et miracle, la subjectivité apparait beaucoup moins fluctuante qu'on le croyait et s'il est vrai que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, il n'est pas moins vrai que certains sont beaucoup plus communs que d'autres. Bilan (mais on le savait déjà après l'annonce de la déconfiture de la boite A): entreprise B victorieuse.
Les encodeurs audio, c'est pareil. S'ils évoluent et progressent réellement, alors une majorité d'utilisateurs saurait en apprécier les progrès et l'on peut sans crainte de chaos faire appel à des tests subjectifs. Corollaire: si une majorité de testeurs d'un test pluri-utilisateurs conclu à la supériorité d'un encodeur sur un autre, c'est que ce codec est meilleur - quand bien même le logiciel d'analyse va prétendre le contraire. L'analyse logicielle serait bien entendue plus commode car infiniement facile à mettre en œuvre pour les développeurs, mais elle n'a jamais donnée de résultats fiables et encore moins pertinents (si tu veux des vrais logiciels développé à cette fin, va voir du côté de PEAQ ou EAQUAL). Ce n'est pas pour rien que des protocoles aussi rigoureux que fastidieux comme celui de l'ITU mentionné plus haut sont utilisés un peu partout. Mais le jour où des méthodes d'analyses objectives fiables seront mises au point, alors leur emploi sera parfaitement valide (et économique surtout) et tu pourras publier des tests comme bon te semble.
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Avec une analyse spectrale à haute résolution, sur l'introduction de Lacrimosa de Mozart on voit par exemple clairement que le code 3.98b6 est moins fidèle à l'original que le code 3.93.1. C'est, c'est factuel, ça ne dépend pas de mes capacités auditives qui seront de toute façon toujours douteuses puisque subjectives, ni de mon humeur dont dépend la majorité de mes sens, et qui varie d'un jour à l'autre.
Ben non, la seule chose que tu vois, ce sont les pixels manquants. Quant aux autres, ils ne sont pas identiques et tes yeux ne sont pas capables de discerner les subtiles nuances qui séparent ceux que tu crois être identiques, à moins de faire une soustraction sous photoshop.
Sans oublier que le meilleur n'est pas nécessairement celui qui présente le moins de pertes mais celui qui aura su distribuer les erreurs de quantifications dans les parties les moins audibles du spectre. Si l'on appelle le MP3 (et le WMA, l'AAC, Vorbis...) des encodeurs perceptuels, c'est précisement parce qu'ils décorellent le degré de la perte (ou erreur) de l'impact de cette même perte, et ce grâce à des modèles psychoacoustiques élaborés.
Bref, dans tous les cas de figure, la « méthode objective » ne parvient pas à rendre compte de la qualité de sortie et est par conséquent inadaptée comme méthode d'évaluation qualitative d'encodeurs perceptuels.
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Bref, je ferai tout de même ce test, afin d'expliquer ma position sur le sujet lol !
Tu perds ton temps et plus grave tu vas induire en erreur des lecteurs.
Avant de faire ton test, commence par demander aux dévelppeurs de LAME s'ils sont intéressés par ton protocole (ils cherchent constamment des testeurs et des retours d'utilisateurs, donc ils acceuilleront ta demande d'aide favorablement). Tu verras, leur réponse ne diffèrera-pas de la mienne, j'en suis certain.
Tu trouveras l'adresse d'un développeur français de LAME sur sa page perso:
http://www.mp3-tech.org/