Moi j'ai revu Catwoman hier soir à la télé. Oui, oui, vous avez bien lu. REVU. J'l'avais vu au ciné. Parce qu'à ce niveau-là, c'est plus de la bêtise, c'est de la c***erie profonde. Mais j'ai l'esprit de compet', et y'avait pas grand chose d'autre sur le câble.

Résumé du début de la soirée, avec ma moitié :
Moi : "Rhaaaaa, mortel, y'a Catwoman ce soir !
Elle :
- Mais siiiii, tu vas voir il est bien !
- Tu t'fous pas un peu d'ma gu***e ? Tu crois que j'te connais pas ? Tu m'saoûles avec tes nanars !
- Euh... ouais... mais si, il est bien quand même ! (
remarquons au passage la parfaite maîtrise de cet art subtile qu'est la négociation)
- Pfff... bon, t'façon, y'a rien d'autre, j'suppose
- Nan. Mais même si y'avait autre chose, ça serait quand même LE film à voir ce soir !"
Alors, Catwoman, c'est qui ? Bah à la base, un personnage secondaire de Batman, qui a eu le droit à son spin-off comme beaucoup de héros de comics. En l'occurence, ici, c'est Halle Berry. D'aucuns considèreront que c'est un motif valable pour voir le film.

Et Catwoman, c'est quoi ? Un bon gros bluckbuster américain comme on en voit plein, sauf que celui-ci est réalisé par Pitof, qui nous avait auparavant gratifié du formidable Vidocq. Ouais, Vidocq c'était pourri, mais plein d'effets clipesques. Et à Hollywood, il en faut pas plus que ça pour attirer le producteur.
Et l'histoire alors ?
Patience Philips est une artiste douée, mais maladivement timide, qui se contente d'un modeste emploi de dessinatrice publicitaire au sein du conglomérat Hedare Beauty que dirigent le tyrannique George Hedare et sa femme, le légendaire top model Laurel. Cette société se prépare à lancer "LE" cosmétique miracle censé procurer aux femmes un visage et un corps à jamais immaculés.
Patience découvre que le produit ne possède aucune de ces vertus, mais est froidement tuée par ses patrons avant d'avoir pu dénoncer l'imposture. Tout n'est pas perdu, cependant, car celle-ci ressuscite sous l'emprise d'une force mystérieuse. Elle se réincarne, magnifiée, en une femme féline, sensuelle, d'une agilité et d'une force surhumaines : Catwoman... Libérée de ses complexes, celle-ci commence par régler quelques comptes et s'offrir certains plaisirs trop longtemps négligés...Via AllocinéAlors, ça donne pas envie, une belle histoire comme ça, ma petite dame ? Mais bien sûr que si !
Et au final, comment c'est ? Baaaaaaah bien pourri, évidemment. Mais pour se marrer, on en a pour son pognon (surtout si on a une carte ciné illimitée ou qu'il passe à la télé). Halle Berry se balade la nuit dans un costume à mi-chemin entre le sado-maso et le rôti de Grand-Mère le dimanche. Et le jour, elle joue à touche-pipi avec son ami le policier, accessoirement aussi charismatique qu'un mérou.
Le tout est filmé par Pitof avec le talent qu'on lui connait. Les plans dans les scènes d'action durent 2s à tout casser, vive le stroboscope. Ca tourne, ça vrille. On a le droit au même stock-shot de la ville durant tout le film. Les acteurs sont laissés à l'abandon total.
Surnagent dans ce désastre 2 scènes assez magiques. La première est une scène de mise en place psychologique. Le copain policier d'Halle aide les dépressifs à ne pas sauter dans le vide et s'occupe à la fois des affaires de cambriolage de bijouteries et de meurtres. Encore plus polyvalent qu'un sheriff (ou qu'un Texas Ranger), sauf qu'on est supposé être à New York. Donc, dans cette scène, le flic fait la leçon de morale aux enfants des quartiers difficiles - durant son temps libre, évidemment, c'est une passion ce genre de chose chez les gentils - quand par un miracle scénaristique, il se retrouve en un contre un au basket avec Halle. Et là, ça part dans tous les sens. Bande-son R&B (comme tout le long du film d'ailleurs) du plus bel effet, sourires charmeurs plein de dents blanches à la Santa Barbara, postures suggestives de Halle (les enfants sont présents, évidemment). Oui oui, tout ça devant un panier de basket. j'ai du mal à retranscrire mes émotions à l'écrit, mais la magie du cinéma était là, et pas qu'un peu.
Seconde scène, attention spoiler :
C'est la scène finale, le combat entre Catwoman et la vilaine (Sharon Stone). On apprend que la fameuse crème de beauté, cause de tous ces problèmes, en plus de détruire la peau si on arrête de s'en servir rend invincible si on l'utilise à trop forte dose ! Pour expliquer, on a le droit à un joli plan de Sharon qui se tartine de crème, l'équivalent d'un demi pot dans chaque main et une couche d'un bon centimètre d'épaisseur sur le cou. Bref, ça rend la peau dur comme du roc ! Donc lors du combat final, quand Sharon se fracasse la tête contre une poutre en métal, c'est limite si on n'entend pas sonner les cloches de Notre Dame. Là aussi, c'est difficile à expliquer, mais l'ingénieur du son a dû bien se marrer.Enfin voilà, si j'vous ai donné envie... c'est pas normal