J'ai expérimenté pour vous :
Doom : The Movie!
Je rentre juste, c'est encore frais!
Synopsis : Une chose terrible est arrivée à la station de recherche scientifique Olduvai, basée sur la planète Mars. Toutes les expériences se sont arrêtées, la communication ne passe plus. Les derniers messages reçus sont pour le moins angoissants. Le niveau 5 de quarantaine est déclaré et les seules personnes auxquelles l'accès est autorisé sont les membres du commando des Rapid Response Tactical Squad (RRTS). Mais sont-ils face à n'importe quel ennemi ?
Les scientifiques de cette station de la planète rouge ont malencontreusement ouvert une porte dans laquelle se sont engouffrées toutes les créatures de l'enfer. Une armée de créatures de cauchemars d'origine inconnue est tapie derrière chaque recoin des innombrables pièces et couloirs de la base, tuant les quelques rares humains encore présents...
(source Mega CGR)
Arf, les adaptations jeux video vers le cinéma ont mauvaise presse, et pour cause! Après des navets immondes genre les Resident Evil (pas fidèles pour un sous à l'ambiance et l'univers des jeux) ou les très moyens Tomb Raider, adapter un monstre du JV comme Doom relève du pari ambitieux, voire de la témérité.
Réalisation holywoodienne, trame holywoodienne, acteurs holywoodiens, un scénar aussi épais que mon ticket de ciné...
J'avoue que je suis confus, je m'attendais à littéralement m'emmerder devant, genre Alien VS Predator, et finalement j'ai passé un bon moment, et je me suis chopé de sacrées crampes au bide.
Ouais, pasque parfois faut s'accrocher, tous les codes y sont, les grosses ficelles scénaristiques, les clichés ultimes sur les persos (le chef du commando, balèze et froid, la bleusaille pour sa première mission, le pervers désaxé, le Black cool et souriant, le Black pas souriant avec une grosse pétoire, l'Asiatique qui dit 3 mots avant de se faire décapiter, le pratiquant qui s'automutile dès qu'il blasphème, le héros "bôgoss" tourmenté et sa soeur blonde/scientifique/médecin qu'il peut pas blairer mais avec qui il devra bosser malgré tout...), tout y est, jusque dans les références à des classique de l'action et de la SciFi (Alien, Predator, Commando...) et bien sûr au jeu vidéo (le docteur Carmack, les monstres dans l'ensemble fidèles, le design général, le BFG...). Le scénario est improbable, les relations entre les persos bidons, les dialogues succulents (avec le sempiternel "joues pas au con!" ou "arrêtes tes conneries!").
Mais tout ça on s'en fout, c'est juste pour justifier l'énorme massacre de... De quoi au juste?
Bah ouais, parce que pour satisfaire l'Américain moyen qui est persuadé que nous descendons tous d'Adam et Eve, exit l'Enfer, le Diable et compagnie, trame habituelle des Doom (je conseille à tout le monde de se farcir Doom 3, au moins pour les niveaux qui se déroulent en Enfer), là on a le droit à une simple expérience génétique qui tourne mal. Forcément, à force de jouer au con ("arrêtes de...") avec Dame Nature, ça déborde, et ça finit dans le sang et les larmes. On a donc droit à une mystérieuse altération du patrimoine génétique humain, qui transforme les gens en zombies et en streumons en latex (!!).
Je disais donc, tout ça est prétexte à une joyeuse boucherie, parfaitement assumée, qui donne dans le gore parfois exacerbé. Les corps explosent, les têtes volent, tellement que ça en devient burlesque, et on attend avec impatience la prochaine cible avec un rictus sadique afin de voir comment elle va se faire trucider.
Avec tout ça y'a déjà de quoi s'amuser, mais le clou du spectacle c'est la fameuse séquence en vue subjective, pendant laquelle le héros, boosté par un "power-up" quasi magique se promène sur un rail en dézinguant "tout ce qui respire" avec force de détails. Entre consternation et fou-rire, cette séquence vaut à mon gout à elle seule le prix du billet!
Bref, y'a-t-il quelque chose de bien là dedans (du moins pour quelqu'un qui chercherait à aborder le film un peu sérieusement)? Bah déjà visuellement c'est pas dégueux, et même si on note des incohérences (le PSP de 2096 sera en 3 couleurs et aussi grosse qu'une bonne Game Gear), les effets spéciaux se font oublier, et les monstres (qui je le rappelle sont pour la plupart des costumes et non des FX numériques) ne sont pas si ridicules que ça. Certaines situations sont parfois surprenantes et la scène en vue subjective au-delà de son aspect "port'nawak" est plutôt bien foutue (surtout le combat à la tronconneuse contre le Pinky, les amateurs de Doom 3 comprendront).
A part ça, bof.
Faut donc pas aller le voir pour y chercher une profonde reflexion sur le devenir de l'humanité, mais c'est un bon divertissement pour qui sait apprécier les "mauvais films sympathiques" (Nicholaaaaaas??), je regrette pas mes 6€, et je me surprends même à me dire que j'ai bien aimé, surtout pour les fous-rires procurés lors de certaines scènes. Il est en tout cas bien meilleur (dans tous les sens du terme, dans sa nanardise aussi bien que par ses qualités intrinsèques) qu'un Alien VS Predator soporifique et pas vraiment marrant (sauf le coup de l'héroïne uber forte avec son bouclier en tête d'alien, je l'accorde).
Il lui manque peut-être des répliques plus percutantes et des personnages un peu plus caricaturaux pour être potentiellement un véritable nanard culte, mais c'est le genre d'oeuvre qui monte en puissance avec l'âge (probablement le digne successeur de Predator selon moi). On en reparle dans 5 ou 6 ans