A peine distribués en France, ou à prix bien gonflé (140 euros chez Macway), ces Westone me semblaient pourtant une bonne décision d'évolution depuis des JVC FX-55, semi-intras, sans me ruiner.
Pour me les procurer, je suis passé par le site de Westone qui les propose à 109
dollars (84 euros grosso modo) et frais de port gratuits.
Voyons si cette décision s'avère un choix génial ou une grosse boulette: l'image d'audiophile du Père Noël en dépend.
CONTENU DE LA BOITE
Les Westone UM1 sont livrés dans une boîte de taille plutôt imposante, du format des anciennes boîtes de jeux vidéos avant le passage au format boîte de dvd. Un volet s'ouvre pour laisser entrevoir les écouteurs et leur merveilleux look de sonotone qui ravira vos amis et parents (et potentiellement vous feront vraiment passer pour mal-entendant).
Ils sont livrés avec un charmant étui semi-rigide pour le transport, des papiers divers (guarantie, catalogue Westone pour se ruiner encore un peu plus, l'avertissement « ne mettez pas la musique trop fort ») et une pochette de mousses de remplacement, en deux tailles (petites et longues). Les mousses sont du type de celles des Plug de Koss, à malaxer avant usage. Par conséquent, pas de triflange ni de mousse jaune dans le bundle standard, ce qui limitera la portée de ce test à un seul type d'embout (en deux tailles).
QUELQUES PHOTOS

La pochette de rangement fournie. En plastique semi-rigide avec deux fermetures éclairs, elle semble très robuste.

Les deux paires de mousses ainsi que le petit outil pour nettoyer tous les zygouigouis qui ne manqueront pas de se fourrer partout.

Le séparateur en Y du cable. Notez sa taille imposante et les 3 manches en plastique transparent qui protègent le cable de l'usure et des torsions. Remarquez également que les cables sont torsadés et donc plus résistants que des cables simples.

Le Jack, coudé et qui semble très résistant (observez sa tailles messieurs-dames)


Les écouteurs en eux-mêmes, transparents et d'un niveau de finition impressionnant.

Une des petits bouts de plastique permet de joindre les deux écouteurs et d'éviter les noeuds, toujours causes de torsions et d'énervement dans le métro.

Le matériel de test, un Sony NW-A1000.
CARACTéRISTIQUES
Sensibilité: 114 dB/mW
Frequency response: 40 Hz -16 kHz
Impedance: 25 ohms
Driver: Balanced armature
Petites remarques:
Comme l'immense majorité des intras, les UM1 se portent le fil vers le haut (et derrière l'oreille), ce qui renforce un peu plus l'aspect sonotone des écouteurs. A la différence de ce que j'ai pu lire sur de nombreux test d'intra, les fils d'écouteurs, une fois bien calés, ne frottent pas bruyamment contre la peau.
Du fait de l'isolation de l'architecture des intras, la concentration s'aiguise sur la qualité sonore, ce qui cause souvent un enthousiasme automatique pour les écouteurs sans vraie critique du son. Nous essayerons pendant ce test de ne pas trop tomber dans ce piège.
Les deux embouts ne semblent pas donner le même son (waouh, surprenant), les courts sont plus basseux, plus confortables et mon isolants que les longs, qui sont eux légèrement plus équilibrés et plus précis, isolent totalement et appuient sur le conduit auditif. Une période d'adaptation semble nécessaire pour former l'oreille aux longues mousses.
Source et Choix des morceaux:
La musique provient de mon lecteur, le NW-A1000 de Sony. Petite surprise, les UM1 révèlent un souffle assez important, étranger aux Mp3 et qui s'entend en pause ou au volume 0. Plutôt une mauvaise nouvelle, même si le parasite n'est pas pénalisant en écoute.
Les morceaux testés font partie de ma discothèque-personnelle-que-j'aime, dans l'immense majorité du Mp3 256 ou 320. Les morceaux ne sont certainement pas les meilleurs choix pour un test de casque mais j'ai privilégié des morceaux familiers pour apprécier le rendu, plutôt que des standards mal/peu/pas connus. Ils seront classés par genre.
ECOUTE
Rock:
Dirty Pretty Things : Bang Bang You're Dead
Les trompettes du début sont chaudes et riches. L'arrivée du roulement de tambour représente une grosse avancée par rapport aux JVC: Beaucoup plus de présence et surtout de réactivité. La batterie est plus péchue, beaucoup plus détaillée (on entend les cymballes maintenant) et les jeux à plusieurs guitares deviennent très clairs. Ce morceau représente pour moi un bon test de casque, que l'UM1 réussi mieux que toutes mes autres expériences: Plusieures guitares qui se répondent, une batterie nerveuse et dynamique et une basse qui a tendance à disparaître sur d'autres casques. La voix est assez en avant, et le ton général est plutôt basseux. Les embouts en mousse ne sont peut-être pas pour rien dans cette coloration, mais cela demanderai un test aux triflanges pour en être sûr.
En tout cas, cette expérience est un bon exemple de redécouverte d'un morceau qui passait pour brouillon et baveux avant. Ca commence bien, donc.
The Killers : Read My Mind
Gros exemple de « rock de stade », avec beaucoup de guitares/voix qui partent en bouillie facilement. La voix est précise, plutôt plus grave que sur les JVC, avec une impression de précision et de plénitude. Plénitude car ça ressemble à une voix naturelle, pas à une voix enregistrée (dur à expliquer) et précision car on entend les petits défauts et les respirations. L'explosion des guitares est là aussi très précise, on découvre une guitare supplémentaire (ce qui ne fait pas de mal, c'est pas plus cher) et les nappes sont plus détaillées. Le piano, curieusement, paraît disonner des autres instruments, mais il n'est pas impossible que ce soit joué/mixé comme ça. Le solo de guitare est joliment aigu, sans être criard (et sans être trop long non plus).
Qui dit rock de stade dit spacialisation, et là les intras s'en sortent très bien (pour des intras) sans sentiment d'écrasement. Bien-sûr, l'architecture ne permet pas une spacialisation de malade, mais je ne ressens pas (encore?) d'écrasement du son.
Johnny Cash : God's Gonna Cut You Down
Les « claps » sont précis, les deux guitares précises dans leur jeu gauche/droite, mais la grosse attente était surtout sur le voix de Cash, très présente, chaude et puissante. Là aussi je suis plutôt content: la voix est d'une précision dingue, déjà très bien enregistrée, et rend toute une palette d'émotions (je sais, c'est lourd comme expression), avec tout les petits trémollos, les respirations, et surtout le grain inimitable. Encore une belle redécouverte, bien portée par la puissance soutenue des « claps » et de la guitare du refrain qui mènent la voix de Cash.
Viva Voce : We Do Not Fuck Around
Le début piano/voix ne fait pas des explosions, la voix est précise et le piano très simple. La coloration est bien plus basseuse que sur les JVC ou sur mes enceintes (JVC également, assez basiques). Les guitares donnent de l'amplitude et amènent le refrain, principale morceau de bravoure. Ce que les JVC me vendaient pour des nappes est en fait une batterie (découverte) et l'explosion du refrain est dynamique mais oppressante, mal spacialisée. Mauvaise compression, mixage? Je pense que c'est surtout dû l'explosion mélodique qui donne « trop à écouter ». Une petite période d'adaptation sera peut-être nécessaire, mon attention n'ayant pas l'habitude d'être autant sollicitée par l'écoute de musique.
The Rolling Stones : She's A Rainbow
Peut être le benchmark ultime pour un casque: Piano, voix, guitares, choeurs, trompette... Les nappes de violons sont « pleines » et les percussions sont beaucoup plus précises, dynamiques et réactives. Le solo de piano est très équilibré, très harmonieux et le retour des percus/guitares est très clair. Tous les instruments sont parfaitement identifiables, séparables, un vrai bonheur. La voix est elle aussi précise (je vous interdis de chercher le nombre d'occurences du terme « précis ») et détaillée. Encore une grosse redécouverte, tout le spectre s'éclate et les écouteurs montrent une richesse nouvelle par rapport aux autres morceaux du test.
FolkRock
Herman Dune : Nickel Chrome
Basse très en avant, la voix est fine (ça doit être la première fois que j'écoute la qualité de la voix du chanteur). Le refrain avec les choeurs est légèrement gaché par la batterie très présente pendant tout le morceaux. Le jeu de guitare me paraît simple mais est rendu très finement. Encore une fois, tous les instruments sont clairement rendus, et l'on peut se concentrer sur la batterie ou sur la guitare très simplement.
Belle and Sebastian : Another Sunny Day
L'intro à la guitare est claire, mais c'est surtout la présence de la ligne de basse tout au long du morceau qui est remarquable ici. La basse est précise, pas brutale, et toujours clairement audible, même pendant le solo de guitare et la montée des batteries. Ce n'est pas une grosse claque, mais la montée en précision générale est très appréciable. Les aigus semblent à quelques moment partir n'importe où, mais le mixage n'y est certainement pas étranger.
Eels : Things the Grandchildren should Know (live)
La voix est chaude, on entend les petits souffles, les respirations et la fatigue de la voix (c'est le dernier morceau d'un set d'une heure et quelques). Les violons sont précis, et l'alternance voix/guitare/violons donne une belle dynamique. Le son son est très chaud, parfois trop.
Classique
Schubert : La Jeune Fille Et La Mort (Andante Con Moto) par le Melos Quartet
Pas de grosse redécouverte du morceau mais un gain très impressionnant en finesse et en harmonie. Les graves sont profonds sans baver et les « attaques » sont précises. Une fois de plus, l'écoute est rendue très agréable par une distinction des instruments assez impressionnante, avec une dominante chaude et des basses mises en avant mais pas baveuses.
Gonzales : Paristocrats
Les aigus semblent parfois assez « artificiels ». La précision et l'isolation des écouteurs permet d'entendre jusqu'au bruit des touches tapées, ce qui n'est pas forcément ni du goût de tout le monde ni dans l'intérêt du responsable de la prise de son. Les graves sont précis, ne fatiguent pas mais les aigus gâchent le tout par une agressivité artificielle. Le mauvais moment de l'écoute.
Rap
TY : Don't Watch That
La voix est détaillée, des backs (reprises du dernier mot en fond) deviennent audibles. La ligne de basse est claire et la réactivité est plutôt bonne. Ce morceau étant plutôt l'archétype du morceau de rap élaboré, il reste limité dans le spectre mais donne une bonne idée de l'intérêt des intras pour ce genre de musique: Détaillé et clair, agressif et réactif là où la spacialisation n'est pas capitale.
The Beatnuts : Work That Pole
Pas loin d'être les même commentaires que pour le TY, avec des basses plus « grosses » et une voix plus en avant qui s'en sort bien, avec toujours une grosse domination aux graves, parfois exagérée. La précision du casque permet d'entendre jusqu'au craquement du vynil du sample de piano...
Conclusions et remarques
Les UM1 me semblent être plus du côté de l'idée géniale que de la grosse boulette (pour ceux qui suivent) pour monter en gamme et changer d'architecture (des écouteurs ou semi-intras vers les vrais intras). Une très bonne réactivité, une spacialisation plus que correcte pour ce type d'écouteurs et une précision remarquable font redécouvrir des morceaux souvent sous-estimés de la discothèque. Leur son est clairement orienté vers les basses et ne semble pas faire voeux d'extrême haute fidélité, mais les aigus ne sont pas en reste et demeurent précis et fins. Pour plus d'équilibre, un lecteur mp3 doté d'un équalizer serait idéal pour réduire cette légère tendance chaude du son.
Le packaging est sympathique, sans plus, et l'on aurait aimé des tri-flanges et/ou des mousses moins invasives (les petites jaunes) en standard. La pochette de transport compense ce manque sans vraiment le combler, et la faible présence de la marque en France ne facilite rien.
En somme, une très bonne idée pour une montée en gamme dans la musique nomade, à un prix presque raisonnable.
Laissez vos commentaires et questions