Test du casque Teac MP-2HP
par Jazztiti, le 5 décembre 2006

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Introduction

La société Teac a été fondée en 1953. Un bon nombre de studios utilise du matériel Teac, le constructeur affirme même les équiper quasiment tous dans le monde. Ce grand nom de la hi-fi officie aussi dans le monde de l’informatique (lecteurs de DVD/CD), parfois en tant que sous-traitant. Au chapitre de ses innovations marquantes, Teac retient le système VBB (Variable Boost System) capable de restituer un niveau de graves étonnant dans un petit volume et sa mécanique haut de gamme VRDS-NEO qui équipe ses lecteurs de DVD/SACD.

Si le service hi-fi de Teac impressionne, sachez que cette marque fabrique aussi d’autres types d’appareils accessibles au grand public (lecteurs MP3, radio-CD, casques, …). Le matériel testé aujourd’hui est un casque, un secteur sûrement en développement pour Teac car à ce jour il est peu étoffé. Au catalogue figurent un modèle d’écouteurs (MP-1HP), deux modèles supraauraux Bluetooth (HP4-BT et HP-8BT) et un modèle d’écouteurs semi-intraauriculaires (MP-2HP). C’est ce dernier modèle, le MP-2HP dont nous allons dresser le portrait musical. Il est vendu aux alentours de 40 euros. Le modèle dont nous disposons nous a été prêté par Teac, que nous remercions.


Contenu de la boîte

Le MP-2HP est livré avec les trois types d’embouts en silicone que l’on retrouve habituellement avec les casques semi-intraauriculaires (S/M/L). C’est tout ce que contient la boîte, ne cherchez pas de fioritures ici, ce n’est pas ce que l’on attend de ce type de produits. On peut lire sur la boîte : « Ultra bass for ultimate HiFi experience ! », un argument marketing classique qui destine apparemment ce produit plus aux fans de musiques modernes qu’aux audiophiles.

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La boîte de face
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La boîte de dos
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Le casque et tous ses accessoires


Présentation du casque

Le design inconnu de ce casque est déjà une bonne surprise, Teac a vraisemblablement élaboré ce casque seul. La finition est bonne, les plastiques du casque sont soignés et brillants. Le câble n’a pas tendance à s’emmêler et les fils fins n’ont pas l’air fragiles. Du côté de l’ergonomie, Teac a bien fait les choses car les guides de câble des écouteurs sont orientés vers l’extérieur et le diamètre de chaque oreillette est de seulement 8mm. Ces deux paramètres permettent d’enfoncer à souhait les embouts (et même un peu l’oreillette) dans le conduit auditif et d’obtenir un couplage adapté à chacun. Le confort est bon, même après une heure d’utilisation. Question isolation, le casque est fermé, donc elle doit être du niveau des autres modèles semi-intraauriculaires. Quant à la sensibilité et à l’impédance, le constructeur ne les précise pas mais rassurez-vous, vous n’aurez aucun problème de volume quelle que soit la source utilisée. Dernier détail, le jack est droit, c’est peut-être un point qui gênera certains utilisateurs mais nous pas. Enfin, la cerise sur le gâteau : le connecteur jack est doré.

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Le casque seul
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Le casque et ses embouts
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La finition est bonne


Caractéristiques techniques

Principe de fonctionnement : fermé
Capacité de charge : 10 mW
Bande passante : 15 – 35 000 Hz
Poids : 12 g
Câble : 85 cm jusqu’à la fourche puis 15 cm jusqu’à l’écouteur gauche et 50 cm jusqu’au droit
Connecteur : fiche jack stéréo 3,5 mm droite dorée

Remarque : la bande passante est extrêmement large pour un casque de ce type, encore un bon point pour Teac.


Ecoute

Le test principal se déroule sur un baladeur flash EZAV EMP-200, le casque a aussi été testé/rodé sur un Archos Gmini XS202s et une carte son Creative Xmod pour ne pas se fier à une seule source.

Passons à l’écoute !

JAZZ

The Dave Brubeck Quartet - Take five (tiré de l'album Time out, 1959, Columbia)
Ce morceau est complexe dans la mesure où les instruments ont beaucoup de détails assez durs à retranscrire.
On sent tout de suite que ce casque a une forte tendance physiologique, trahie par le piano de Brubeck qui sonne de manière chaude, puis par le saxophone de Desmond plus chargé qu’à l’habitude. Les caisses de la batterie résonnent avec retenue, on a une impression d’étouffement des extinctions de note. Cela se vérifie tout au long du morceau. Le casque est assez timide, il n’ose pas donner à ce morceau le traitement qu’il mérite. Le problème principal vient d’une dynamique compressée, entendez par là que les variations de jeu de chaque instrument sont faibles alors qu’il existe des écarts importants qui donnent une forte intensité musicale. De plus, l’aération, le relief et la transparence ne sont guère à l’honneur. Les effets stéréos originaux du morceau sauvent en partie le casque.

Claude Nougaro - L'Irlandaise (tiré de la compilation The best de scène (à l'Olympia), 1996, Mercury)
L'intérêt principal de ce morceau en live, même si les instruments sont moyennement fouillés, est la vie qui en ressort, pas toujours évident de la retrouver à l'écoute.
Les applaudissements sont bizarrement sourds et peu riches en harmoniques, ce n’est pas très bon signe, les timbres s’avèreront effectivement simplifiés par la suite. Les graves sont trop accentuées et défigurent d’emblée le morceau. Nougaro n’est pas à sa place, tout est plat, les détails ne ressortent pas. Pas d’intensité, la vie n’est pas là. On retrouve les mêmes problèmes de relief et d’aération que précédemment. La modification de l’égaliseur est hélas resté impuissante devant les exigences du morceau. Ce casque est certainement destiné à d’autres types de musique.

Peter Cincotti - Rainbow connection (tiré de l'album Peter Cincotti, 2003, Concord Records)
Un morceau d'une simplicité seulement apparente, un chanteur-pianiste et son piano, mais tout en délicatesse. Gare au matériel un peu trop grossier.
Pour une fois, le rendu chaud du casque ne dessert pas trop la chanson. Le piano est pâteux dans le bas mais une réduction des graves dans l’égaliseur permet de lui redonner une meilleure place et une meilleure articulation, même si cette dernière n’est pas d’une grande finesse. Il respire un peu mieux et on gagne en détail, les frappes de marteau sur le feutre ne sont pas aussi sourdes que sans égaliseur. La voix de Cincotti est bien posée. Il manque tout de même un brin d’émotion à l’ensemble mais le morceau passe finalement bien avec cette petite retouche du spectre. Pas de problème d’espace ni de relief vu que la scène est assez serrée d’origine (chanteur devant son piano).

ROCK

Johnny Hallyday - Souvenirs, souvenirs (1960, Editions Alpha) (tiré de la compilation Douce violence)
Du rock des années 60, de la bonne prise de son comme à l'époque, beaucoup d'entrain. Cette compilation a heureusement échappé à la remasterisation.
L’énergie est bien retranscrite une fois que les basses ont été remises à leur place. Le morceau vit, les instruments sont bien présents, Johnny à sa place. Le son chaud du casque colle naturellement bien aux productions des années 1960. Le morceau n’est pas un modèle de détail et c’est aussi pour cela que le casque s’en sort très bien.

CLASSIQUE

Karl Böhm / Orchestre Philharmonique de Vienne - Dies irae (tiré de l'album Requiem de Mozart en ré mineur KV626, 1971, Polydor)
Cet enregistrement constitue un défi important car le morceau est tellement riche en chœurs et instruments qu'il est difficile de restituer sa densité et sa complexité.
Le morceau manque d’intensité, toujours ce problème de dynamique. Les choeurs sont loin d’être précis et quand les instruments et les voix se déchaînent ensemble, le casque ne sait plus où donner de la tête et le problème c’est que l’on loupe des morceaux d’instruments et des morceaux voix. La chaleur naturelle du casque n’affecte pas particulièrement le morceau. Il ne ressort toutefois de cette écoute ni la vraie force (voire violence) ni la définition qu’on aurait souhaitées pour que le morceau décolle et prenne tout son sens.

Paul Paray / Detroit Symphony - Charles Gounod : Funeral march of a marionette (tiré de la compilation Mercury Living Presence, 1994, Mercury)
Un vieux morceau enregistré par Mercury avec sa célèbre technique à trois micros seulement. Un morceau qui nécessite de la finesse et de la force car riche en détails et très modulé.
Pour donner un peu d’aération au morceau, les graves ont été réduites via l’égaliseur. Malgré cela, les instruments restent simplifiés et les détails oubliés. Les pics d’intensité passent bien mais dès qu’il s’agit de jouer plus calmement le casque s’endort un peu car il est incapable de saisir les subtilités des instruments « restants ». Les violons sont les plus touchés par cette négligence. Un morceau trop complexe pour ce casque.

ELECTRONIQUE

Jean-Michel Jarre - Souvenir of China (version stéréo, tirée de l'album Aero, 2004, Aero Productions)
Ce morceau n'est pas réellement un défi, simplement un test pour voir le comportement du casque avec des sonorités synthétiques.
Voilà un morceau plus adapté aux prestations que le MP-2HP est en mesure de fournir. Une fois les graves diminuées, le morceau est agréable, même si l‘espace est réduit (cela est certainement une chose commune à ce type de casques). Les détails sont moins décelables que d’habitude et le relief en dessous mais le morceau arrive à respirer suffisamment pour se laisser volontiers écouter. Test passé avec succès.

Fad Gadget - Collapsing new people (Berlin Mix) (tiré de la compilation The best of Fad Gadget, 2001, Mute Records)
Un morceau dangereux qui peut déstabiliser un casque ou une enceinte car le grave sollicite exagérément la suspension du transducteur, gare aux saturations et aux effets de pompage.
Le Teac s’en sort très bien, il descend très bas, ses minuscules transducteurs ne saturent pas, le niveau de graves délivré est impressionnant, voire insupportable selon les goûts. On voit dans ce genre de morceaux à qui est destiné ce casque.


Conclusion

« Ultra bass for ultimate HiFi experience ! », c’est ce qu’indiquait la boîte. Des basses c’est sûr il y en a, de la haute-fidélité beaucoup moins. Vous l’aurez compris, ce casque est réservé aux musiques modernes ou électroniques. Il n’est vraiment pas neutre et son aspect rond et peu transparent l’empêche d’être polyvalent. Néanmoins, les fans de basses risquent fort de trouver en lui une nouvelle référence abordable. Ce casque rappelle le son assez typé de l’AKG K26P (un casque nomade supraaural) : on aime ou on déteste.

+ Qualité de fabrication
+ Confort
+ Tenue des graves


- Manque de neutralité
- Peu polyvalent



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