le 19 août 2006

Introduction
Dans les années 70 et 80, le groupe PHILIPS, sis à Eindhoven (Pays-Bas), occupait une place importante dans la haute fidélité de moyen de gamme. Fabriquant ses propres semi-conducteurs, il est à l’origine d’inventions techniques qui ont marqué l’histoire, tels que le CD (en association avec le groupe japonais SONY) et les enceintes asservies.
La crise arrivant, PHILIPS s’est progressivement débarrassé des activités non rentables et fortement concurrentielles telles que la haute fidélité et les semi-conducteurs. Néanmoins, encore aujourd’hui, il occupe une place enviable parmi les lecteurs de DVD et les téléviseurs, grâce à des inventions permettant l’accès à des produits très performants et accessibles à tous.
A présent, PHILIPS s’est retiré des casques haut de gamme, à l’exception de casques sans fil, et un casque 5.1 le SBC-HP1500. Mais en 2002, il commercialisait une gamme plus étendue, CLARITY, dont le SBC-HP890, retenu comme « meilleur achat » par la Nouvelle Revue du Son, et Jean HIRAGA, son rédacteur en chef charismatique, en vantait les mérites face à des casques bien plus onéreux.
Présentation
Le SBC-HP890 est un casque fermé. Il est livré dans un carton et un bloc plastique témoignant d’une fabrication industrielle. Il est d’ailleurs fabriqué en Chine, PHILIPS ayant ainsi adopté les solutions de ses concurrents en fermant ses usines hollandaises puis belges.
Le plastique dur gris est celui que l’on rencontre partout. Le maintien est assuré par un bandeau en caoutchouc « auto-ajustable » et surmonté d’un arceau en métal. Le câble de liaison de 3 mètres est constitué d’un fil à deux jacks, l’un côté casque, l’autre pour l’ampli, adaptables aux principaux diamètres courants. Les jacks sont plaqués or et le câble est du type LC-OFC, technique de traitement du cuivre censé améliorer la transmission des fréquences sonores.
Les deux coques sont recouvertes d’un velours bleu du plus effet, et l’ensemble est encombrant mais confortable. Il n’est pas à craindre de fatigue particulière due au port lui-même.
Au repos, le casque peut être posé sur un support métallique et un socle plastique lesté.

Caractéristiques techniques
Casque circumaural
Gamme de fréquence : 5-30 000 Hz
Sensibilité : 106 dB
Puissance maximum d’entrée : 1500 mW
Poids : 330 grammes
Impédance : 32 ohms
Haut parleurs : circuit magnétique au Néodyme de 50 mm dans une chambre acoustique XXL (brevets PHILIPS)
Matériel d'écoute
Discman PHILIPS EP45 traité anti MIS par OSH, alimenté par piles
Lecteur de CD MARANTZ CD 72 SE (traité anti-MIS)
Ecoute
Lavilliers – Carnets de Bord – Chanson : Marin – Universal
Lavilliers a une voix timbrée et s’accompagne d’instruments brésiliens et d’une voix féminine, celle de Mano Cinelu
Le timbre de voix de Lavilliers est irréprochable sans sifflante, ni lourdeur. L’aération est la première qualité de ce casque. La fluidité des rythmes est appréciable et les percussions bien placées. On se laisse entraîner.
Henri Salvador – Performance – Le loup, la biche et le chevalier – Source
Enregistrement en public dans les studios de Canal+, Henri Salvador, comme tout professionnel attache beaucoup d’importance à son accompagnement ici réalisé par l’Orchestre symphonique européen qui avait déjà fait merveille avec Eddy Mitchell en 2000.
Les voix ne trompent pas et on retrouve des qualités de timbre exceptionnelles. Beaucoup de détails aussi, notamment sur les balais de la batterie. Le public en applaudissant ne fait pas « friteuse » selon l’expression d’un célèbre critique hifi, mais les claquements de main sont bien placés dans l’espace. L’ambiance, spécifique du « live » est bien là.
Frederick Fennel – Music of Leroy Anderson – Mercury Living Presence
La ré édition des enregistrements de MERCURY des années 60 réalisés par le célèbre ingénieur du son A. FINE nous ravissent toujours. Basés su l’utilisation de trois micros TELEFUNKEN seulement, ils font preuve de dynamique et d’espace. Leur report, des trois bandes en CD, par la femme d’A FINE assure un résultat sans compromis dus au nouveau support.
Orchestre en cinémascope : tous les pupitres occupent leur place en hauteur, profondeur, largeur. C’est suffisamment rare pour le souligner. Dynamique* présente et attaques franches. Peut être l’aération retire un peu de punch à la restitution. Le son n’est jamais projeté et le timbre des instruments nous conforte. Sauf peut être, un peu plus de « sauce » serait apprécié.
* = dynamique : différence entre le son le plus faible et le plus fort.
Vladimir COSMA – Musiques de film – Concerto gastronomique – Pomme music
Orchestrateur hors pair, en plus d’être un « accompagnateur » de film exceptionnel, V. COSMA dirige lui-même cet enregistrement de studio très vivant.
Sans conteste, le rythme et la fluidité sont là alors que la construction (imitation d’un orchestre du 18è siècle en introduction puis musique « moderne » ensuite) exige des contrastes énormes. Les trompettes séparées droite gauche ont chacune leur registre sans confusion. La guitare basse n’est pas « boueuse » mais s’intègre bien. Les chœurs féminins, typiques de ces années, sont précis et distants à souhait. On sent d’ailleurs le travail de l’ingénieur du son qui met en exergue certains instruments quand il le faut.
Conclusion
De fabrication industrielle, le casque PHILIPS SBC-HP890 est néanmoins confortable, sans lourdeur, ni pénibilité.
Les efforts des ingénieurs de PHILIPS ont porté : il délivre un son très aéré et précis sans effet « chirurgical ». Les timbres sont bien respectés et il n’y a pas de déséquilibre, ni physiologique ni technique. Peut être lui reprochera t on un manque de dynamique fine.
Vendu 90€ à sa sortie, il reste une affaire en occasion.
Points forts
- Aération
- Port confortable
- Rapport qualité / prix
Points faibles
- Manque un peu de dynamique
- Construction industrielle
- Inadapté aux musiques nécessitant une très forte dynamique
Note : 18/20

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