par Jazztiti, le 18 mai 2006

Introduction

Le milieu de l'année 2006 approchant, Sennheiser a décidé de rajeunir sa gamme de casques intra-auriculaires. L'ancienne gamme, connue et reconnue, avait à sa tête les MX400 et MX500, déclinés un peu plus tard en versions "augmentation des basses" avec les MX450 et MX550. Le catalogue accueille trois nouvelles gammes, par ordre croissant de prix : la gamme Street, la gamme Sport et enfin la gamme Style. C'est à cette dernière que nous allons nous intéresser avec le test du MX 90 VC Style.
Le prix public de ce casque est de 50€, j'ai pu l'acquérir pour seulement 37€ chez Pixmania.
Contenu de la boîte
Le MX 90 VC Style est livré dans une boîte en carton à ouverture aimantée. Le casque est encastré dans un support plastique transparent. On découvre aussi une boîte de rangement et différents adaptateurs en caoutchouc et mousse.

Le design est aussi passé par là, pas de boîte austère comme sur l'ancienne gamme


La boîte de face, de dos

Le casque et tous ses accessoires
Présentation du casque
Le MX 90 VC Style est beau et bien fini. Son look un peu bizarre est dû au système "Twist-to-fit" (que nous allons détailler un peu plus loin). Sa constitution en matériaux en métal n'appelle aucun reproche. Le câble est symétrique et l'écouteur gauche est doté d'un petit ergot en plastique à l'intérieur de sa branche pour pouvoir le différencier dans l'obscurité. Le casque possède un contrôle de volume à glissière : le cylindre de métal glisse entièrement sur le cylindre de plastique, peut-être aurait-il été préférable de proposer quelche chose de plus simple et de plus pratique que cette concession au design. Enfin le MX 90 bénéficie d'un connecteur jack coudé 3,5 mm plaqué or. Sennheiser livre une boîte de rangement aimantée qui ne présente malheureusement pas le système d'enroulement pratique de l'ancienne gamme. On trouve également trois paires d'embouts de maintien en caoutchouc pour le système "Twist-to-fit", deux paires d'embouts qui s'adaptent sur le pourtour du transducteur et une paire de capuchons en mousse.



Le casque et ses différentes parties

La boîte de transport dont l'élément central est articulé

Les différents embouts

Le Sennheiser MX 400 à gauche, le MX 90 VC Style à droite
Le système "Twist-to-fit"
Ce système est censé garantir un port plus sûr. D'après Sennheiser, il s'agit d'un système de maintien novateur, prenant appui sur l'oreille externe et assurant la meilleure tenue possible. Trois embouts sont disponibles pour l'appui sur l'oreille externe.

Je trouve le MX 90 moyennement confortable, mais la forme de l'écouteur assure un bon couplage à l'oreille. Je n'ai pas encore fait de test de port sur une longue durée.
Remarque : je ne saurais que trop vous déconseiller d'installer les capuchons de mousse sur les écouteurs (et çela s'applique à tous les intras) car le prix à payer est trop élevé musicalement. Vous perdrez de la transpararence et l'ensemble du spectre sera gonflé, rendant le son plus chaud et plus rond.
Caractéristiques techniques
Transducteur ... dynamique
Réponse en fréquence ... 18 - 22 000 Hz
Impédance ... 64 Ohms
Niveau de pression sonore ... 117 dB (1 kHz / 1 V rms)
Distorsion harmonique ... < 0,1%
Poids sans câble ... environ 12 g
Longueur du câble ... 1,2 m
Connecteur ... fiche jack stéréo 3,5 mm plaquée or coudée
Garantie ... 2 ans
Remarque : Sennheiser a fixé l'impédance de ce casque (comme ceux des nouvelles gammes d'intras) à 64 Ohms au lieu de 32 pour l'ancienne gamme.
Ecoute
L'écoute se déroule sur un baladeur EZAV Xen EMP-200, avec l'égaliseur sur Normal. Les morceaux sont compressés en MP3 256 kbits/s 44,1 kHz stéréo CBR avec le codec Fraunhofer. Ce dispositif est suffisant pour évaluer ce casque car il n'est de toute façon pas possible d'obtenir des résultats comparables aux casques circum-auraux, donc autant le tester dans des conditions d'utilisation courantes. A la fin, je comparerai le MX 90 au MX 400 pour faire un parallèle avec l'ancienne gamme.

Le matériel de test
Et maintenant passons à l'écoute !
JAZZ
The Dave Brubeck Quartet - Take five (tiré de l'album Time out, 1959, Columbia)
Ce morceau est complexe dans la mesure où les instruments ont beaucoup de détails assez durs à retranscrire.
Une très bonne première impression, la scène sonore est aérée ce qui n'est pas courant avec les intras d'habitude. Bon relief également. Les cymbales montent haut, le saxo a du corps, les instruments ont de la profondeur. La contrebasse n'est pas beaucoup fouillée (c'est normal vu la taille du transducteur) et le jeu en milieu de morceau s'en trouve affecté, mais la batterie fait vite oublier cette limitation en nous offrant des impacts clairs, nets, fins.
Claude Nougaro - L'Irlandaise (tiré de la compilation The best de scène (à l'Olympia), 1996, Mercury)
L'intérêt principal de ce morceau en live, même si les instruments sont moyennement fouillés, est la vie qui en ressort, pas toujours évident de la retrouver à l'écoute.
On retrouve encore ici des aigus bien fouillés, un superbe relief, très bonne transparence du casque. Les applaudissements sont de bonne qualité. La voix de Nougaro est en avant et l'accompagnement n'en reste pas pour autant plat. La restitution est de bonne facture.
Peter Cincotti - Rainbow connection (tiré de l'album Peter Cincotti, 2003, Concord Records)
Un morceau d'une simplicité seulement apparente, un chanteur-pianiste et son piano, mais tout en délicatesse. Gare au matériel un peu trop grossier.
Ne cherchons pas l'intensité de jeu car le registre grave est écourté et ne permet pas de saisir distinctement le poids de Cincotti sur son instrument. Cependant, le reste du piano est bien timbré et articulé. La voix de Cincotti aussi. Le morceau est au final plutôt bien nuancé et agréable.
ROCK
Johnny Hallyday - Souvenirs, souvenirs (1960, Editions Alpha) (tiré de la compilation Douce violence)
Du rock des années 60, de la bonne prise de son comme à l'époque, beaucoup d'entrain. Cette compilation a heureusement échappé à la remasterisation.
L'énergie du morceau est bien retranscrite, tout est en place avec un relief affirmé et un espace important (peut-être trop). Les instruments sonnent bien et remplissent la scène, la batterie à gauche avec une belle amplitude et une bonne densité et la guitare à droite. Johnny au centre, toujours dans l'action, chante avec un léger écho.
CLASSIQUE
Karl Böhm / Orchestre Philharmonique de Vienne - Dies irae (tiré de l'album Requiem de Mozart en ré mineur KV626, 1971, Polydor)
Cet enregistrement constitue un défi important car le morceau est tellement riche en chœurs et instruments qu'il est difficile de restituer sa densité et sa complexité.
La force et la tension du morceau est bien perceptible. La scène est un peu sèche et pas très large, le relief est moyen. La précision du MX 90 et son bon respect de la dynamique lui évitent d'atténuer la tension du morceau et d'arrondir les angles. L'ensemble est propre et homogène.
Paul Paray / Detroit Symphony - Charles Gounod : Funeral march of a marionette (tiré de la compilation Mercury Living Presence, 1994, Mercury)
Un vieux morceau enregistré par Mercury avec sa célèbre technique à trois micros seulement. Un morceau qui nécessite de la finesse et de la force car riche en détails et très modulé.
La scène sonore est grande. Les écarts dynamiques sont très bien gérés. Les aigus des triangles sont très raffinés, les violons, la grosse caisse sonnent bien. Le morceau affiche une belle qualité de timbres et la transparence du casque nous laisse entendre quelques bruits de pupitres. Belles capacités.
ELECTRONIQUE
Jean-Michel Jarre - Souvenir of China (version stéréo, tirée de l'album Aero, 2004, Aero Productions)
Ce morceau n'est pas réellement un défi, simplement un test pour voir le comportement du casque avec des sonorités synthétiques.
L'espace et le relief propices à l'évasion sont là. On se laisse emporter par les effets stéréo, on ferme les yeux. Les effets, profonds, et la légèreté du fond rendent ce morceau planant.
Fad Gadget - Collapsing new people (Berlin Mix) (tiré de la compilation The best of Fad Gadget, 2001, Mute Records)
Un morceau dangereux qui peut déstabiliser un casque ou une enceinte car le grave sollicite exagérément la suspension du transducteur, gare aux saturations et aux effets de pompage.
Le MX 90 ne sature pas. Sennheiser sait bien gérer les limites de ses transducteurs.
Conclusion
Pour moi, le MX 90 VC Style est une réussite. Ses qualités principales sont neutralité, transparence, relief, spacialisation, qualité de timbres. Il manque évidemment un peu de graves mais une petite égalisation de ce côté peut améliorer les choses. Nul besoin cependant de toucher aux aigus.
Que vaut-il par rapport au MX 400 de l'ancienne gamme ?
Le MX 400 offre une scène sonore généralement plus compacte et moins en relief, des instruments moins denses et moins profonds. Il ne bénéficie pas non plus de la réponse en fréquence plus large du MX 90, et cela s'entend. Les instruments descendent moins bas dans le grave et montent moins haut dans les aigus. Il semble aussi un peu moins transparent que le MX 90.
+ Qualité de fabrication
+ Neutralité
+ Musicalité
- Registre grave écourté (normal vu le transducteur)
- Câble qui s'emmêle facilement
- Prix
Je lui mets 16/20 (note en rapport avec la catégorie des intras).

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