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[Feedback] Test et écoutes comparatives du Sennheiser HD800, par Isalula
Julien
posté 21/02/2010, 13:29
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Test et écoutes comparatives du Sennheiser HD800 par Isalula

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Prologue :

Salut à vous, Lectrices et Lecteurs smile.gif

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous parlerais à cœur ouvert.
Même si la forme et le déroulement de ce compte-rendu laisse à penser qu'il s'agit plutôt d'un test en bonne et due forme, il n’en est rien. Il ne s’agit que d'un compte-rendu, profondément empreint par la subjectivité de son auteur sous l’emprise de l’émotion procurée par le chant d'une poignée de ces merveilleuses boîtes à musique surnommées Casques.
Car si nous partageons bel et bien le même attrait, je ne possède pas le niveau de rigueur, d'analyse et d'éloquence dont a fait et continuent à faire preuve l’équipe des testeurs ainsi que certains membres de Génération MP3.
C’est pourquoi je compte sur votre compréhension et votre indulgence. Merci de garder cela à l’esprit lors de vos interventions jap.gif
Voili, voilou, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture ! walkman.gif
Oups... Et aussi de prendre votre courage à deux mains, car c'est un long compte-rendu, fruit d’environ une semaine d’écoutes comparatives soutenues. Malheureusement, un emploi du temps très chargé ne me laisse pas vraiment le temps d’en concocter la synthèse. Alors, dans la mesure où ce compte-rendu ne devrait pas s'autodétruire dans les cinq secondes (d'après mes calculs...) contrairement aux bandes magnétiques d’une célèbre série, vous devriez avoir tout le loisir d'en lire une partie et d'y revenir ultérieurement. Enfin, si le cœur vous en dit, bien sur wink.gif



Somewhere on the Headphone Road…
Le Sennheiser HD 800 et consorts.


Introduction des protagonistes :

… A l’annonce de son arrivée, j’avais glissé illico le HD 800 dans le costume du successeur au HD 650. Le Roi est mort ! Vive le Roi ? Oui et non, car il ne succède à personne mais s’empare bel et bien de la couronne.
Dire que j’attendais avec fébrilité d’avoir ce mastodonte sur les oreilles serait exagéré. Les HD 595 et HD 650 croisés sur ma route ne m’avaient pas laissé l’impression d’avoir l’oreille taillée pour être un Senny’s fanboy. hehe.gif
Mais l’occasion de s’aventurer à nouveau dans le royaume des casques hauts de gamme était évidemment trop tentante pour y résister.

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Je l’imaginais en février mais nous ne nous sommes rencontrés qu'en octobre. Faut-il y voir la conséquence d'un marché européen ne pesant pas assez lourd dans la balance ?
Choix et qualité des matériaux, cahier des charges, principes… Je passe. Je sais, c’est moche. Mais franchement il n’y a que le résultat qui compte tongue.gif

J’avais très (trop) vite concocté un alléchant scénario en deux actes. Le premier se déroulait entre le HD 800 au prise avec deux vieux briscards immatriculés DT 880 et K340 ; et dans le second, face à ce vétéran d’élite de K1000. Je ne pensais pas que les deux premiers soient incapables de rivaliser avec lui, sinon quel intérêt ? Néanmoins, Sennheiser ayant mis la barre très haute, il était logique de confronter le HD 800 également à un modèle d’exception. Mais au fil des mois, j’ai du réviser mon plan de bataille à la baisse, le K1000 et le DT 880 ayant déserté le théâtre des opérations.
Mettre à flot le navire amiral de l’armada Sennheiser face à un Grado PS1000, un Ultrasone Edition8 ou un Stax SR-007 relevant du pur délire, je me suis donc contenté de ma subjective expérience, d’un AKG K340 Bass-Light Version non modifié ainsi que d’un Grado RS-1 Classic pour essayer de jauger ce déjà célèbre HD 800 dont l’ancre mouille au pays de l’oncle Sam depuis plusieurs mois.

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Difficile d’imaginer qu’à la suite d’une rencontre on ne peut plus fortuite, ce Casque vintage balaierait d’une chiquenaude mon Sennheiser HD 650 et tiendrait la dragée haute à quelques autres durant plus de deux ans. Et pourtant…
D’une conception aujourd’hui disparue, l’alliance des deux technologies rivales que sont l’électrostatique et l’électrodynamique, l’AKG K340 n’est pas un Casque facile en raison d’une faible sensibilité et d’une impédance élevée. La version dite Bass-Light, ma préférée, est un subtil équilibre entre transparence et douceur, exhalant un aigu d’une grande finesse et un grave écourté. Sa grande force réside dans son médium au charme unique. Puissamment alimenté et expertement modifié, il est vraiment impressionnant.

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R comme Rock, R comme RS-1 : Ces deux là sont faits l’un pour l’autre. Bourré d’énergie, c’est un Casque sacrément typé face auquel il me paraît carrément impossible de rester dans la peau d’un auditeur passif. Médium coloré, grave fulgurant, aigu acéré… Il n’est pas de tout repos. Tout comme le Rock, non ?

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Petite mise en bouche avec le Sennheiser HD 800 en chiffres, en lettres et en images :

Type : Électrodynamique
Conception : Circum-aural/ouvert
Poids : 330 Grammes
Câble : Droit/3 Mètres
Bande passante : 6 - 51 000 Hertz
Sensibilité : 102 décibels
Impédance : 300 Ohms

Je ne pose pas sur mes oreilles un Casque de cette envergure tous les jours. Alors pour une fois, mettons les petits plats dans les grands et causons de la « Main de fer » et du « Gant de velours » :

Le RP-33 SE dit la « Main de fer »
Un ampli Casque produit par la firme italienne RudiStor Sound Systems, abritant double mono et Classe A sous son capot. Le premier à avoir réussi le challenge de piloter le K340. C’est une main de fer aux cinq doigts nommés dynamique, aération, ouverture, détail et transparence.

La CD150B Digit II dit « Gant de velours » issue de chez Thule Audio.
C’est une de ces mélomanes pétrie de finesse, d’élégance, de sensibilité et de fermeté. J’ai rapidement succombé aux appâts de cette séduisante danoise.

Quant à la playlist celle-ci est composée de passages précis, destinés à évaluer tel ou tel critère (présentation, aération, et cetera) mais surtout des chansons qui me susurreront si l’alchimie fonctionne ou pas. Après tout, quelque que soit le potentiel d’un Casque, on peut tout à fait rester hermétique à sa sonorité, y compris celle de modèles hauts de gamme. Le décor est planté, c’est parti…

Déballage de la merveille :

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L’étui cartonné n’en fait pas des tonnes. Le numéro de série enchâssé au centre de l’arceau du Casque est également étiqueté sur l’un de ses cotés.

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J’ouvre la grosse boîboîte pour y trouver deux choses :
D’abord le volumineux coffret abritant le HD 800, reprenant extérieurement la même ligne et le même matériau (carton rigide) que celui du HD 650. On change de coloris, le noir s’étant substitué au gris. Intérieurement, c’est plus classieux : Le HD 800 est bien logé dans l’habituel écrin de mousse, mais cette fois entièrement revêtu de satin. Un plaisir visuel et tactile qui peut faire son petit effet.

Et ensuite une brochure de plusieurs pages contenant remarques, schémas, photos, spécifications, durée de garantie et protocoles de maintenances ou de réglages par l’utilisateur.
Inédit jusqu’alors à ma connaissance : La possibilité pour les amateurs de graphs de connaître la courbe de réponse individuelle de leur HD 800 via le site web du constructeur en communiquant le numéro de série.
Histoire de couper le cheveu en quatre, il y aurait bien l’absence d’un adaptateur Jack 6,35/3,5 dans le carton à déplorer. Mais vu la vocation du Casque, je ne pinaillerai pas et laisserai ma paire de ciseaux dans le tiroir.
Dommage de ne pas avoir créé un stand dédié au HD 800. Mais il serait injuste de blâmer Sennheiser dans la mesure où la concurrence ne semble pas avoir fait quoique ce soit dans cette voie.
Et oui, c’est tout moi : La passion ça me fait râler trèèès trèèès souvent…

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Zou ! Etape suivante qui consiste à contempler puis coiffer l’objet convoité :
Mmmm… Le look est racé, mais froid à mon goût. Basta, un Casque ça s’apprécie à l’écoute, pas à la vue.

Le HD 800 épouse très bien mon crâne. Les oreilles sont plus qu’à leur aise, ça bouge forcément un peu mais jamais au point de remettre en question la stabilité et le maintien. Le réglage du serre-tête est aussi précis qu’aisé. La micro fibre qui compose les oreillettes et le bandeau d’arceau est très confortable. Aucune pression excessive ne se fait sentir, le poids est là mais parfaitement réparti et inférieur à ce que j’avais imaginé en le contemplant. Le K340, par exemple, accuse 50 grammes de plus sur la balance.
Bonne nouvelle pour le club des allergiques du fer à souder dont je suis un membre éminent : Le câblage symétrique se déconnecte d’une simple pression. C’est idéal pour changer un câble endommagé ou simplement upgrader sans risque. J’émets tout de même un bémol pour les fils, une gaine rigide aurait limité l’entortillement.
Pas de suspense, l’ergonomie et la finition sont globalement excellents. Même topo pour le confort, je n’ai ressenti ni gêne, ni fatigue en dépit de cessions de plusieurs heures d’affilée.
Bon, maintenant je crois qu’il ne reste plus qu’à appuyer sur la touche lecture et ouvrir bien grandes se oreilles.

Ecoutes comparatives :

  • Drinking with strangers - Jesse SYKES & THE SWEET HEREAFTER

Une guitare à gauche et la chanteuse à droite (0.52 mn)
Je suis déconcerté par la présentation du HD 800. En effet, je m’étais attendu à entendre le K1000 se faire concurrencer sur ce critère. En dépit de sa conception ouverte, la présentation du Sennheiser n’est pas extrêmement large.
Avec le DT 880 j’avais le sentiment que la chanteuse était en quelque sorte adossée à la paroi d’une bulle. Cet « effet bulle » est aboli à l’écoute du HD 800. Ca respire sans atteindre la capacité du K1000.

Une seconde guitare se manifeste, à la droite de la chanteuse (1.02 mn)
Avantage au K1000 en termes d’aération. Lorsque la seconde guitare se fait entendre, positionnée sur la droite de Jesse SYKES, elle est à la fois proche mais nettement détachée de la chanteuse. Ce n’est pas le cas avec le HD 800 qui fait jeu égal avec le K340. Guitare et interprète sont côte à côte sans venir se mélanger les pinceaux.
La restitution est plus chaleureuse avec le K340, plus limpide avec le HD 800 sur les deux extraits. Les différences de caractères se ressentent instantanément.

  • Dante’s prayer - Loreena McKENNITT

Les chœurs s’élèvent, solennels, semblables à une lame de fond (0.43 mn)
Victoire par K.O. du HD 800. Le frémissement qui se propage, précurseur de la reprise est plus perceptible : Force et transparence. La présentation du K340 est plus laid-back que celle du HD 800. Le Senn nous installe dans la première moitié de la salle, l’AKG dans la seconde moitié. Je choisis sans hésiter un siège situé dans la première moitié, bluffé par la spatialisation, la présence et la richesse dont vient de faire preuve le HD 800. Le K340 reste tout bonnement sur le carreau.

Les divers bruits émis par l’auditoire avec les chœurs au second plan : Chuchotement sur la droite (0.54 mn) et crissement (1.00 mn)
Je pousserais presque un soupir de déception, mais la transparence, le niveau de détail dont est capable le HD 800 l’emportent encore sans coup férir face au K340. Tout est devenu plus transparent : Les bruits de l’auditoire, l’atmosphère dans laquelle le lieu baigne, la richesse de timbres jaillissant des chœurs, l’étagement des plans. Le HD 800 n’a pas une grande largeur mais il a de la profondeur.
Je vais faire mon rabat-joie, mais il me manque l’ouverture du K1000 pour être totalement au diapason. Ce qui est déloyal : Earspeakers n’étant pas Headphone. J’ai été et je suis toujours subjugué par le soundstage et l’aération du K1000, mais il s’agit d’une « enceinte d’oreille ». Est-il surprenant que le HD 800 ne parvienne pas à rivaliser sur ces deux critères ? Non, car en dépit de son potentiel il s’agit « simplement » d’un Casque.

  • Auberge - Chris REA

Ambiance nature, bruits de bottes, bouteille qui roule et porte qui claque en intro bientôt suivi du jeu successif des guitares électriques (2.36 mn)
Bis repetita : La présentation du HD 800 est donc moins lointaine que celle du K340. Les bruits de pas, l’écho du claquement de la porte sont plus proches.
Force, détail et transparence sont à l’avantage du HD 800. Ce premier chant d’oiseau pas encore entendu, l’impact et la sonorité des bottes claquant sur le sol me sautent aux oreilles.
Que ce soit le clavier, l’harmonica ou les guitares qui s’en mêlent joyeusement, la belle énergie, la clarté du HD 800 m’emportent même si un peu de douceur sur la voix de Chris REA ne serait pas de trop par moment. Que reste t-il au K340 ? Encore et toujours son séduisant médium. Mais l’AKG n’étant décidément pas adapté à ce qui précède et à fortiori ce qui suit ; place au RS-1 !

  • Set me free - Chris REA

La guitare électrique est à son paroxysme, lançant ses accords comme un ultime cri de défi… Top émotion ! (5.00 mn) (6.00 mn)
La guitare se détache nettement de la scène, plus chatoyante, plus flamboyante avec le RS-1. Elle reste imbriquée avec le HD 800. Les envolées sont très bien restituées, mais émotionnellement parlant, c’est un cran en dessous vis-à-vis du Grado. Difficile de rivaliser avec le RS-1 sur ce terrain, même si l’emphase qu’il a dans le haut du spectre est plus éprouvante. Bien sur, il y a de quoi se faire plaisir à l’écoute du HD 800 : L’aigu file haut, le médium est expressif, le grave est propre. C’est une signature plus droite, où aucun registre n’empiète sur les autres. Le problème, c’est qu’il me faut parfois de l’excès pour être en transe.
Ouaip ! J’ai l’impression que je suis aux prises avec deux casques aux caractères bien trempés et qui ne sont pas plus l’un que l’autre enclins à la douceur.

  • Les passantes - Francis CABREL

L’intro pour son ambiance à la fois live et intimiste, pour le modulé de la guitare du poète au rendu ciselé, nuancé et tendu sans oublier une petite sélection de mots aux intonations vocales caractéristiques de l’artiste : … qu’on aime… (0.24 mn) … fluette… (1.14 mn) … court… Le r qui roule, magique ! (1.33 mn) … descendre… (1.46 mn)
Les amateurs de clarté et de naturel seront à la fête avec le HD 800. C’est superbe de fluidité, d’homogénéité, de tenue. Mais c’est aussi un peu froid à mon goût que ce soit vocalement ou instrumentalement. Un sentiment que je mets sur le compte du chemin parcouru en compagnie de Casques aux signatures plus colorées. Le RS-1 rafle la première place du podium en ce qui concerne le rendu « live »

  • The death of timmons - John BARRY (Edition Super Bit Mapping)

Un grave au ton sépulcral, lent et profond (1.20 mn/1.29 mn) & (1.48 mn/2.16 mn)
Rien de commun avec les basses lourdes du HD 650, d’ailleurs je cherche encore les traits communs à ces deux Casques.
Ce que j’entends avec le HD 800, ce sont des basses propres et tendues. J’effleure de mes doigts la surface des coques : Aucun phénomène vibratoire ne se propage sur la structure et pourtant avec le potar du RudiStor à midi + les basses profondes qui ponctuent cet extrait ; il y aurait de quoi en avoir.
Je repose le K340 au bout de quelques secondes, tant le grave paraît simplifié et atrophié.

Le HD 800 possède un beau registre grave, non pas en termes de quantité mais de profondeur et de texture. D’autres Casques sont plus opulents, plus démonstratifs que lui sur cette partie du spectre. Mais n’étant pas friand de basses fréquences, ce que j’ai entendu me satisfait largement, d’autant que le HD 800 fait également preuve d’une grande maitrise à cet endroit.

  • Pawnee attack - John BARRY (Edition Super Bit Mapping)

Les différents impacts puissants ou secs se succèdent en salves soutenues. Pas de quartier ! La mollesse ou le trainage n’ont pas leur place ici.
Le HD 800 tient fermement le cap face aux déferlantes : Aucune trace de trainage ou de mollesse. C’est toujours lisible et parfaitement articulé. Quant au RS-1, il assure : C’est un peu moins modulé, moins profond mais tout aussi tendu, ample et impacté.

  • Des vies - FREDERICKS GOLDMAN JONES

Guitares et batterie s’expriment d’emblée avec fougue. Les accords des premières et les impacts de la seconde se succèdent à un rythme effréné.
Les deux Casques s’en sortent haut la main. C’est plus proche, plus fulgurant, plus sec et plus impacté avec le RS-1.
Comme souvent avec cette chanson, je n’arrive pas à presser la touche stop avant la fin. Le HD 800 suit la cadence avec un bel enthousiasme. Le RS-1 est moins équilibré, mais sa formidable énergie et le supplément d’âme qu’il insuffle aux accents des guitares dicteront mon choix en sa faveur.

  • Private investigations - DIRE STRAITS (Edition Super Bit Mapping)

La batterie ponctue à sa manière la conclusion du morceau. Les impacts se succèdent, punchy, en courtes salves à plusieurs reprises : (5.10 mn & 5.56 mn & 6.07 mn)
Un zeste plus percutant avec le RS-1, mais le HD 800 ne déçoit pas. Ca cogne puissamment et rapidement de part et d’autre. J’avoue une préférence au Sennheiser, le Grado étant particulièrement cassant sur les attaques des claviers avec le RudiStor. Mais je sais aussi que la pression exercée par cette « Main de fer » est souvent trop insistante avec le RS-1.

  • It never rains - DIRE STRAITS (Edition Super Bit Mapping)

Le son DIRE STRAITS à son apogée, transcendé par une guitare aux accords goguenards et exaltés (4.58 mn/7.53 mn)
Honnêtement, je savais que le HD 800 serait pénalisé dans la mesure où je le ressens comme un Casque qui rend superbement hommage à la Musique, mais qui ne me prendra pas forcément aux tripes. La frontière est mince mais bien réelle : Le HD 800 est plus que bon, il est carrément excellent. Mais il n’a pas cette petite étincelle qui va mettre le feu aux poudres et me mettre le cœur en fête comme j’y suis habitué avec it never rains. Non, ici il n’y a que le RS-1 qui sait faire craquer l’allumette pour que tout pète et Dieu que c’est booooooooooon ! yahoo.gif

  • This woman’s work - Kate BUSH

L’alliance d’une voix aux inflexions époustouflantes et d’une richesse instrumentale qui me séduit toujours autant, plus de trente ans après l’écoute de son premier album.
Une artiste qui me transporte vers une dimension musicale qui n’appartient qu’à elle… L’émotion et rien d’autre.

Le HD 800 prend une belle revanche malgré un master outragé par le temps. Tout prend une autre dimension… L’écho des mots et des notes qui naissent et meurent avec une envoutante finesse, la spatialisation, la palette de nuances… Tout cela ne laisse aucune chance au K340 à qui il ne reste vraiment plus que le charme de son médium pour sauver l’honneur.

  • Isengard unleashed - Howard SHORE

Une ouverture d’une beauté majestueuse et solennelle : La mélopée d’Elizabeth FRASER et ces chœurs aux voix diaphanes…
Je mène donc finalement le HD 800 vers ce qui était encore récemment le royaume du K1000. C’était plus éthéré et plus ouvert avec l’AKG. L’alchimie fonctionne mais pas autant qu’avec le K1000.

De l’envoûtant prélude à la furia, la dramaturgie lyrique qui s’en suivront…
Le HD 800 fait feu de tout bois : Une restitution dynamique, détaillée, haute en couleurs, aux écarts de niveau parfaitement retranscrits, absolument dénuée de confusion ou d’agressivité. Il se joue avec aisance de toutes les difficultés : Du grand art. Cette fois je verrais bien le K1000 en seconde position, l’assise et l’extension dans le grave du HD 800 creusant l’écart.

  • Voyage to avalon (orchestra version) - Kenji KAWAI

Le voyage ultime commence… Les chœurs de l’Orchestre National s’élèvent successivement, graciles et limpides… C’est le calme avant la tempête.
L’AKG K340 semble se défendre mieux que je ne l’aurais cru, mais un épais voile se déchire soudain lorsque le HD 800 se fait entendre à son tour. Amen !

Car soudain la tempête aux élans fulgurants et impétueux va se déchaîner !
Voilà le morceau le plus difficile que je connaisse à retranscrire au Casque, au point d’en avoir conclu que si j’avais été un amateur de Classique symphonique, le Casque n’aurait jamais pu s’imposer. Parole de profane !
Je n’aime pas ce que je vais écrire, mais le choc est rude pour le K340 qui semble soudainement voilé et ramassé. Je n’avais pas encore entendu ce voyage vers les terres d’Avalon aussi magnifiquement restitué. Plus de doute, le HD 800 est un must en Musique Classique bien plus qu’avec de la Pop ou du Rock.

Quid de notre voyage vers Avalon ? Les différents pupitres de l’orchestre ne s’entassent pas mais occupent harmonieusement l’espace. La restitution des grosses caisses est redoutable. Avant le HD 800, cela ressemblait davantage à un roulement confus qu’autre chose. Et bien, le Sennheiser dompte cette vague de fureur cataclysmique avec une maitrise et une autorité inédite. Mais il ne se contente pas d’imposer sa volonté dans la furia. Il suffit d’entendre les inflexions vocales de la soprano ou la délicate mélopée d’une harpe pour comprendre qu’il sait prouver sa puissance autant que sa nuance. Le HD 800 n’occulte rien de ce qu’on lui confie, pas plus qu’il ne privilégie tel ou tel aspect. Je viens de vivre un grand moment d’émotion à son écoute.

  • Learnin’ the blues - Katie MELUA

Une voix cristalline, les notes perlées qui s’échappent langoureusement du piano… Une ambiance au rythme sensuel à laquelle il est difficile de rester de marbre.
Après l’éclatante démonstration de force dont le HD 800 vient de faire preuve à deux reprises, j’ai envie d’adieux en douceur. Rapidement, je comprends qu’il serait sommaire de le cantonner aux interprétations Classique. Le Senn montrant qu’il peut faire des merveilles dans les compositions jazzy tout comme le K1000.
Les pointes vocales incisives de la chanteuse que je craignais d’entendre restent mesurées et pourtant la restitution est indéniablement d’une grande transparence. C’est un moment magique, différent de celui que j’ai ressenti avec le K1000 mais tout aussi prenant. Le K1000 était plus ample et plus aéré, aussi transparent avec un je ne sais quoi de velouté probablement du au caractère euphonique des tubes de l’ampli qui drive le K1000. Impossible pour moi de donner une préférence entre le HD 800 ou le K1000 à l’écoute de cet album.

En effet, malgré sa présentation plus restreinte, le naturel, la finesse, la fluidité du HD 800 me captivent autant qu’avec le K1000. Katie MELUA chante à quelques pas de moi, qui suis devenu l’auditeur privilégié de ses inflexions, de son souffle, de ses paroles, des subtilités instrumentales qui l’entourent. Plus rien d’autre à faire à part prolonger les adieux au HD 800 en écoutant l’album intégralement…

Conclusion :
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Si l’on apprécie le HD 650, on ne succombera pas forcément au HD 800. Le premier charme avec son médium velouté, ses basses opulentes et son aigu apaisé. Le second reste droit dans ses bottes, étranger aux emphases dont est familier le premier. Je le ressens comme un esthète rigoureux, attaché à une idée de la justesse sans pour autant être un monument de froideur ou d’austérité. Son ouverture relativement restreinte, voisine du RS-1, continue à me surprendre. Le caractère du HD 800 lui permet de s’imposer davantage en Classique qu’en Rock en ce qui me concerne. En effet, si le K340 n’a jamais réussi à lui en imposer, le RS-1 aura parfois mené la vie dure au HD 800 sur des styles musicaux plus débridés. Le Grado jouit d’une présentation plus directe, typique de la marque à l’exception des GS1000 et PS1000 ainsi que d’une dynamique un soupçon plus élevée. Mais vu leur signature respective, ces deux là, je les vois plus volontiers complémentaires que concurrents.

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K1000 et HD 800 possèdent des traits communs : Tous deux sont nés pour une restitution dédiée à la fidélité, au naturel. Ils possèdent une grande transparence et la rondeur des tubes semble être l’association à privilégier. Le grand atout du K1000 réside dans sa présentation mais ça n’est pas surprenant vu sa conception. Plus homogène, le HD 800 prend l’avantage sur le K1000 dans le bas du spectre mais ce n’est pas surprenant non plus. Le HD 800 sait bigrement tenir le rythme, davantage que le K1000 moins à l’aise sur des styles musicaux qui imposent de la nervosité. Le K1000 a moins de corps et le HD 800 est moins éthéré. Quant à dire lequel d’entre eux s’avère être le plus détaillé ou nuancé, je ne m’y hasarderais pas, leurs amplis respectifs ne jouant vraiment pas dans la même cour.

Headphone Road,
Octobre 2009

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