Klipsch est désormais bien présent dans le secteur des intras avec sa gamme Custom. Parallèlement à celle-ci, la marque propose une deuxième gamme destinée à ceux qui ne souhaitent pas faire de compromis : la gamme Image, censée allier design et qualité sonore de haute volée. Difficile d'être trop critique lorsque l'on sait que le design représente une partie du prix, espérons que Klipsch soit parvenu à un agréable compromis pour proposer une alternative intéressante aux intras pour purs et durs tatoués que sont les Custom.
Nous nous penchons ici sur le haut de cette gamme, l'Image X10, disponible aux alentours de 300€ dans toutes les bonnes crèmeries, notamment chez notre sympathique prêteur SoundOfArthur que nous remercions.
Dans ce sujet, de même qu'à la suite de ce paragraphe, vous pourrez prévisualiser les morceaux grâce au petit lecteur qui s'affiche à côté des titres. Les extraits ont une durée approximative de 30 secondes.
Le ressenti est évidemment très personnel et sa retranscription délicate malgré mes efforts, si un terme ne vous parle pas signalez-le moi dans le sujet de commentaires et je tâcherai d'éclaircir mon propos.
Les écoutes se sont effectuées sur un Cowon X5 pour la partie nomade et sur un Musiland MD10 associé à Foobar2000 pour la partie sédentaire, les fichiers étant dans les deux cas en FLAC.
• Ayo – And it’s supposed to be love (FLAC level 5)
Un chanson très douce, à la sonorité assez chaude, accompagnée de percussions et d’un fin jeu de guitare
Vraiment chaud. Lorsque je me concentre sur la voix ou le jeu de guitare, je les perçois parfaitement, ils sont bien définis, mais le bas du spectre est vraiment en avant et les cache un peu. Les percussions sont très convaincantes mais prennent trop de place, cela étouffe un peu le morceau. C'est joli mais j'ai l'impression d'une Ayo qui chante dans une chambre douillette, avec de la grosse moquette, de gros rideaux et limite capitonnée, doux et agréable au premier abord, étouffant au final.
• Jack Johnson – Liver Splash (FLAC level 5)
Une guitare d’un côté et un clavier et un basse de l’autre qui se répondent, l’équilibre entre les deux est primordial.
Ah c'est pas mal, très dans "l'esprit" superfi.5 pro, une sonorité en V qui correspond bien à ce morceau. Bel équilibre dans le jeu gauche-droite et les coups de batterie résonnent à l'arrière droite, il est aisé de bien situer les instruments.
• Massive Attack – Teardrop (FLAC level 5)
Un beat imitant le rythme cardiaque (pour ceux qui ne le connaissent pas, le clip est à voir), un clavecin, des crépitements, quelques notes de piano et une voix féminine. Un morceau qui donne une impression assez "noire", assez troublante, et qui devient une bouillie assez désagréable si le casque manque de précision.
Si ça passe sur le morceau précédent, l'ambiance dans celui ici devrait être correcte. Et en effet, ça passe comme une lettre à la poste. Le grave généreux rythme bien le morceau et impose cette atmosphère étouffante, les détails ne sont pas masqués et on les sent bien occuper l'espace, on "lit" le morceau très facilement. Le seul reproche que je ferais c'est que l'aigu n'est pas aussi généreux que le grave, donc le clavecin et les détails aigus qui viennent habituellement ajouter une touche "aérienne" au morceau ont ici un peu de mal à le faire.
• Katie Melua – Piece by piece & Blues in the night (FLAC level 5)
Une voix quasiment seule, les instruments se font discrets et requièrent de la finesse pour ne pas se retrouver enfouis à l’arrière plan.
On entre dans un domaine a priori éloigné des compétences de ces Image X10, et ça se vérifie dès les premières secondes d'écoute. Techniquement il n'y a rien à reprocher, les montées des violons se font tout en finesse et occupent l'espace sans passer devant Katie Melua, la précision est au rendez-vous, mais la sonorité gonflée dans le bas medium/grave n'est clairement pas adapté à ce style de musique. La clarté, l'impression de finesse du morceau s'envole et Katie Melua passe un peu au second plan.
• Michael Andrews & Gary Jules – Mad World (FLAC level 5)
La simplicité même, un piano et une voix déprimante à la REM (et un texte à chialer), rejoints par des violons à la moitié du morceau.
Un peu dérangeant, les mediums un peu en retrait placent Gary Jules derrière le piano. Ce n'est pas moche, mais avec un morceau construit sur la voix du chanteur, ça fait bizarre.
• Pink Floyd – Money (FLAC level 5)
Un grand classique rock, très énergique, généreux sur les guitares.
Ahhhhhhhhhhh on revient dans le domaine de prédilection de ces écouteurs ! ça tape bien à la batterie, je me sens obligé de marquer le rythme avec le pied, et quand le solo de guitares arrive c'est la grosse envolée, l'impression d'espace est vraiment très bonne. Je ressens très bien l'énergie du morceau, un vrai bonheur !
• Nirvana – In Bloom (FLAC level 5)
Une avalanche de guitares, de batterie, de tout en fait !
Ok je retire ce que je viens de dire, le domaine de prédilection des Image ce n'est pas Pink Floyd, c'est plus du rock qui tache à la Nirvana ! Le bas du spectre fait presque tout, la basse, les guitares et la batterie emmènent tout de façon assez royale. C'est chaud, énergique, martelé par Dave Grohl, c'est boooooooon !
• Daft Punk – Around The World (FLAC level 5)
Un mythe de la musique électronique, avec une intro "je rentre progressivement dans la boîte", une foule de détails et un beat qui tape, qui tape, qui tape...
Wow wow c'est que c'est pas mal non plus ! Le ronronnement est très présent, le beat fait plus que marteler le morceau, au point de masque un peu le reste. D'un point de vue équilibre on a vu mieux, mais ce grave impressionnant sur ce morceau très dynamique est convaincant. ça tape "sec", les beat pourtant rapprochés sont bien séparés, pas d'effet de pompage.
• Michael Jackson – Human Nature (FLAC level 5)
Morceau formidablement bien enregistré, fourmille de détails, l'impression d'espace est un bonheur avec un bon casque.
Le morceau réclame plus de finesse, d'équilibre que d'énergie et de gros grave, mais les Image tirent bien leur épingle du jeu. Je me sens nager au milieu du morceau, l'impression d'espace et l'aération sont excellentes. Pour que ce soit parfait, une légère égalisation pour calmer le grave serait bienvenue, mais on est déjà à un niveau de performances très élevé.
CONCLUSIONS SUR LE SON :
Vous l'aurez compris, les Image X10 sont à l'image des autres produits Klipsch : dynamiques.
Je les rapprocherais de 3 autres modèles :
- les Klipsch Custom3 : ces derniers sont plus à l'aise et généreux dans l'aigu, le monotransducteur des Image montre peut-être ici ses faiblesses, mais nous sommes dans des sonorités très proches. Les Image sont moins fatigants à l'écoute.
- Ultimate Ears Super.fi 5Pro : j'ai vraiment l'impression d'écouter des "super superfi.5 pro", même sonorité chaude et dynamique
- Ultimate Ears Triple.fi 10Pro: une comparaison en direct serait vraiment très intéressante. Les triple.fi ont dans ma mémoire une sonorité un peu plus en V et offrent une retranscription d'un niveau globalement plus élevé.
Voilà de quoi inscrire ces Image X10 parmi les références en haut de gamme intra, parmi lesquelles les modèles adaptés aux musique énergiques ne sont pas vraiment légion. Ils ne valent pas leur prix, on paye évidemment une part de design et de miniaturisation, mais on a là une paire des écouteurs assurément haut de gamme, largement à hauteur des Westone UM2, Shure SE420 et j'en passe. Le grave est saisissant, très généreux et très bien défini (les percussions sont un plaisir à entendre), la séparation et l'impression d'espace sont au niveau des meilleurs.
Que dire, nous avons là une paire d'excellents écouteurs. Chers oui, Klipsch et le design ça se paye, mais ces X10 fournissent assurément un niveau de performance très élevé. Ceux que l'inconfort des Ultimate Ears ou l'extrême dynamisme des Custom 3 rebute trouveront très probablement la solution avec ces écouteurs.
Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité. Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.