Encore une marque peu connue par chez nous en test ! Musiland est d'origine chinoise et commence à faire parler d'elle chez nos confrères de Head-Fi, plutôt en bien. Spécialisée dans les DACS à ampli casque intégré, la marque propose un certain nombre de produits assez alléchants en termes de fonctionnalités, comme souvent pour les marques chinoises. Mais qu'en est-il des autres aspects qui nous intéressent également, à savoir la qualité du produit, l'ergonomie, et surtout le son ? Vous allez très vite le savoir, car SoundOfArthur a eu la bonté de nous prêter trois modèles de la marque : le tout petit LILOIII, le milieu de gamme SVAC05 et le haut du panier, le MD10.
Les deux DACs de salon sont livrés chacun dans une boite en carton tout ce qu'il y a de plus simpliste, seulement estampillée de quelques informations sur le produit contenu. On ne peut pas dire que le packaging extérieur soit soigné. Néanmoins une fois ouverts, les cartons dévoilent une épaisseur et un rembourrage bienvenus. Le package est correct : l'ampli lui-même (MD10 ou SVDAC05), un manuel en chinois, un cable SPDIF, un cable USB, un cable d'alimentation chinois. Je regrette tout de suite l'absence de câbles coax ou RCA, vu que les autres types de câbles sont fournis, ainsi que l'alimentation à prise chinoise. Bien que le voltage soit le même que par chez nous (environ 220V), la prise n'a pas du tout la même tête. SoundOfArthur m'a assuré qu'il allait fournir des câbles d'alimentation français avec ses modèles, mais un détour par n'importe quel magasin de multimédia réglera le problème pour quelques euros.
Au niveau des amplis eux-mêmes, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'y a pas de différence notable : les boîtiers sont les mêmes, un modèle standard. Ça n'a pas l'air très engageant mais c'est solide. La façade arrière est la même et regroupe les connectiques. Au final seule la façade avant change : Noire à reflet côté SVDAC05, et aluminium brossé pour le MD10. Personnellement je préfère le look du SVDAC05, plus classe. On retiendra donc que le look général n'est pas formidable, mais le tout se révèle pratique et robuste et c'est quand même le principal.
Le cas du LILOIII est un peu différent. La boite fait plus penser à une boite de matériel informatique et est plus engageante à première vue. J'ai vite déchanté quand je me suis aperçu que tout était écrit en chinois... Une fois ouverte, on trouve un boitier tout petit, très discret et vraiment joli. Le tout respire la qualité, les connectiques aussi. Là où ça se complique, c'est que le CD et le manuel livrés sont intégralement en chinois, mais j'y reviendrai plus tard.
En utilisation
Une fois allumé, le SVDAC05 brille dans la nuit : son écran LED intégré dans la façade avant clignote en permanence, affichant alternativement le volume et le taux d'échantillonnage du DAC. Niveau réglages, on ne peut guère faire plus simple : Un bouton permet de switcher entre le réglage du volume de sortie et l'entrée choisie (USB, BNC, COAX, SPDIF). Ceux qui suivent l'ont compris, le SVDAC05 n'a qu'un réglage de volume pour les deux sorties RCA et casque, qui utilisent le même circuit d'amplification. Ceci est un peu dommage de mon point de vue et limite l'utilisation en DAC pur et dur, puisque de toute façon le signal passera par la section d'amplification. De même il est difficile de brancher un casque et un système autre en même temps puisque les deux sorties ont le même volume et qu'il est impossible d'en couper une. Pas de sortie line fixe donc.
Puisque l'on parle des déceptions, je trouve également un peu dommage d'avoir monté une sortie casque Mini (3.5), souvent plus sujette à la casse ou aux parasites. Celle-ci est de plus placée à l'arrière de l'appareil pour les deux modèles, ne facilitant pas les manipulations.
De son côté le MD10 commence à justifier son prix plus important par une flexibilité plus grande. Ainsi il dissocie les deux sorties RCA et casque, chacune réglable en volume différemment. En revanche et contrairement au SVDAC05 il n'est pas possible avec le MD10 de sortir en RCA et en casque en même temps. Soit l'une soit l'autre en somme. L'écran du DAC contient également plus d'informations affichées. Le menu de configuration de la bestiole est également plus fourni, même si certains paramètres font un peu jouet : on peut en effet régler le taux d'échantillonnage, ce qui permet en sous-échantillonnant de modifier le son. Existe également un réglage HI-FI ou Audio/Video qui modifie la couleur du signal. Le MD10 reste très agréable à utiliser, l'ergonomie est bonne bien que l'IHM soit un peu molle. Des raccourcis existent pour les réglages fréquemment utilisés.
Petite surprise sur le MD10 de test, la sortie casque est de plus légèrement tordue (visible sur les photos). Néanmoins ce léger défaut ne joue pas du tout sur le son, j'ai même essayé de bouger le jack dans tous les sens, pas de parasites.
Les deux DACs ont tendance à chauffer en utilisation, mais rien de bien méchant.
L'utilisation du LILO est un peu bizarre. J'ai tout d'abord essayé de l'utiliser en carte son externe, sans rien installer, sous GNU/Linux (Ubuntu 7.10 en l'occurrence). Une fois branché sur le port USB, il est reconnu par le système en DAC externe sans problème. Il est donc possible de relier la sortie ligne du LILO à une entrée d'un ampli quelconque. Mais c'est hélas la seule solution, pas moyen de passer en mode DAC+ampli. Le test sous Windows Vista donne hélas le même résultat.
J'ai donc essayé d'installer les drivers propriétaires pour Microsoft Windows afin de tirer la quintessence du LILO. Premier problème : Le CDRom fourni n'est qu'en chinois, ainsi que tous les softs qu'il contient. Après une recherche sur le net j'ai néanmoins trouvé une version anglaise des drivers, mais c'est tout (SoundOfArthur la référence d'ailleurs). Amis anglophobes, passez donc votre chemin. Une fois installés, je me retrouve avec une console de gestion du LILO très complète, permettant de vraiment configurer le boitier en profondeur. J'ai ainsi pu tester la section d'amplification du LILO. Je trouve cependant vraiment dommage de devoir installer des drivers propriétaires Windows XP/Vista pour profiter du LILO, car si comme moi vous utilisez une distribution GNU/Linux (ou un Mac) vous pouvez tout de suite laisser tomber. L'utilisation par défaut en mode DAC pur est assez amusante, mais plutôt limitée.
Sinon que dire de plus ? Le LILO est vraiment minuscule, auto-alimenté, et ne chauffe pas. Il pourra donc être couplé à un ordinateur portable, voire ultra-portable sans problème. Les connectiques sont vraiment nombreuses et le rendent très flexible, si tant est qu'on installe les drivers propriétaires.
Pas de playlist cette fois, j'ai fait trop de tests dans tous les sens pour tout retranscrire titre par titre Tous les tests ont été faits en aveugle, en utilisant des CDs ou des fichiers numériques encodés en FLAC. Les casques utilisés sont un Ultrasone Edition9 et un Alessandro MS-Pro.
Le protocole général
Je commence par brancher les différents composants, le switch, les casques.
J'égalise ensuite au sonomètre de façon à avoir le même niveau sonore quelque soit l'ampli utilisé.
Je débranche tout, mélange les câbles et rebranche de préférence sans voir les amplis, de façon à éviter de savoir lequel est relié à telle ou telle position sur le switch.
Je lance ensuite la lecture et switche sans jamais regarder les appareils, donc je ne sais vraiment pas qui est qui.
Pour les puristes du son, j'ai utilisé principalement des câbles d'interconnexion de base, tout comme le switch. Avis à eux, les résultats annoncés ci-dessous sont peut-être dû à cette faille dans ma chaine audiophile
Les installations
J'ai réalisé plusieurs sessions d'écoutes comparatives différentes que je vais décrire ici. Pour chacune des configurations j'ai réalisé plusieurs sessions d'écoute distinctes à différents moments de la journée.
1/ Source : Cd
Platine CD Shanling PCD300A (petit modèle sympathique de lecteur CD comprenant un ampli casque / préampli intégré) en direct depuis la sortie casque.
Sortie coax de la platine (amplifiée et contrôlée en volume, comme la sortie casque) reliée sur l'entrée coax du SVDAC05. On sort sur la sortie casque de ce dernier.
Sortie coax de la platine reliée sur l'entrée coax du SVDAC05 utilisé ici uniquement en DAC. Il est ensuite repiqué sur un Firestone Cute Beyond + Power Supply.
J'entends de subtiles différences mais je ne suis pas capable de départager ni d'en dire plus. Au final je préfère la sortie 2, c'est la sortie casque de ma platine que je trouvais déjà très propre. Résultat : je suis content
2/ Source : Ordinateur
Mon ordinateur sort sur 3 ports USB différents. Y sont reliés :
Mon Meier Opera, ici utilisé en DAC + ampli.
Le Musiland MD10, ici utilisé en DAC + ampli.
Le Fubar3 sans Power Supply, ici utilisé en DAC + ampli.
Je reconnais à chaque fois l'Opera, le MD10 et le Fubar avec l'Edition9 et le MS-Pro. Le Fubar est un peu plus contraint en termes d'espace sonore et n'a pas la pêche des 2 autres dans le bas du spectre.
L'Opera est un poil plus clair que le MD10, les basses sont un peu mieux contrôlées. A part ça nada.
Ca ne joue à rien, mais il y a quand même de toutes petites différences. Ce sont pour moi ces petites différences qui font ou non la synergie avec les différents casques, et fait que le MS-Pro me choque avec l'Opera et pas avec le MD10 sur le long terme.
Que le lecteur ne se sente pas choqué : Certes je n'entends pas énormément de différences entre un ampli à 1000€ et un modèle à 150€, mais il ne faut pas oublier de mettre dans la balance du prix la connectique, la construction, la garantie, le SAV etc. Le Fubar par exemple parasite pas mal quand on tourne le potard, ma platine CD n'a pas de bouton de volume et m'oblige à utiliser la télécommande, le châssis de l'opera fait qu'il chauffe moins...
En remplaçant le Fubar3 par le SVDAC05, je n'arrive pas à départager les deux Musiland. Pour moi ces deux modèles partagent sûrement la même électronique.
3/ Source : Ordinateur bis
Mon ordinateur sort sur 3 ports USB différents. Y sont reliés :
Mon Meier Opera, ici utilisé en DAC + ampli.
Le Musiland MD10, ici utilisé en DAC seul. Il est repiqué sur une des entrées analogiques de l'Opera.
Le Musiland SVDAC05, ici utilisé en DAC seul. Il est repiqué sur une des entrées analogiques de l'Opera.
Le but ici est de comparer la section DAC des différents équipements, bien que celle-ci soit amplifiée en sortie pour les deux Musiland de salon.
Je n'arrive pas à distinguer qui que ce soit. A mes oreilles seules les trois configurations sont équivalentes au niveau qualité audio. J'en déduis donc que remplacer la partie DAC de l'Opera par un DAC externe n'est pas indispensable, loin de là.
4/ Source : Ordinateur bis²
Mon ordinateur sort sur 3 ports USB différents. Y sont reliés :
Mon Meier Opera, ici utilisé en DAC + ampli.
Le Musiland MD10, ici utilisé en DAC seul. Il est repiqué sur une des entrées analogiques de l'Opera.
Le Musiland LILO, ici utilisé en DAC seul. Il est repiqué sur une des entrées analogiques de l'Opera.
Là pour une fois dans ce comparatif je suis enfin en mesure de sortir un DAC du lot ! Le LILO est reconnaissable rapidement, il est beaucoup moins précis que ses petits camarades. Il manque également un peu de pêche et d'impact. Son but n'est clairement pas d'être utilisé en DAC seul dans une configuration type salon.
Dans une utilisation DAC+ampli couplé à un ordinateur portable, le LILO est très correct. J'ai pu écouter avec joie la totalité de mes CDs de test. Le LILO n'a de plus pas de mal à alimenter mes plus gros casques (qui restent néanmoins légers par rapport aux plus célèbres gouffres à puissance).
De par sa taille et ses multiples fonctionnalités (que je n'ai pas évoqué dans ce test : DSP, conversion analogique / Numérique, numérique / analogique, SPDIF / USB etc), le LILO aurait pu être diablement intéressant. Il ne fonctionne malheusement à son plein potentiel qu'avec des drivers spécifiques n'existant bien sûr que pour la plateforme Microsoft Windows. Pour un prix modique, il offre quand même un grand nombre de fonctionnalités et une grande flexibilité dans les branchements. Pour les gens cherchant un petit ampli casque qui fait DAC, permettant de brancher de l'optique, un micro etc pour aller avec leur PC portable sous Windows, c'est un très bon choix.
MD10 / SVDAC05
J'ai vraiment été séduit par ces deux produits. Tous deux sont dotés d'un son de qualité, un peu chaud et pêchu comme je les aime. Je regrette néanmoins quelques détails comme l'absence de vraie sortie ligne, la prise casque Mini à l'arrière et non en facade. Le MD10 se justifie pour ceux qui ont besoin de pouvoir gérer deux contrôles de volume séparés entre la sortie casque et la sortie ligne. Pour les autres qui n'utiliseront leur ampli DAC qu'en DAC ou combo AMP+DAC, un seul contrôle de volume suffira amplement et ils pourront choisir sans hésiter le SVDAC05.
Pour tous les modèles, la qualité audio est bien présente, pour des prix bien éloignés de ceux généralement pratiqués dans le monde de l'amplification casque (et de la Hi-Fi en général).
LILO III : Entre et
SVDAC05 :
MD10 :
Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.
Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.